Jean Failler et Mary Lester
nouvelles caricatures de Jean Failler par Nono
Jeudi, juin 24th, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, auteurs bretons, divers, salons et signatures | Un commentaire
Le célèbre illustrateur Nono (qui a signé les dessins de Gens et Choses de Bretagne, inventaire écrit par Jean Failler) à une nouvelle fois “croqué” Jean Failler et Mary Lester, lors du Salon de Vannes…Il y a de quoi rire !
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Les commentaires de Jean Failler sur le Salon de Vannes - avec photos
Mercredi, juin 23rd, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons, divers, salons et signatures | 4 commentaires
Après ses commentaires sur le Salon de Noirmoutier, Jean Failler nous offre cette fois de son avis sur le Salon de Vannes, qui se tenait le week-end dernier… Un régal une fois de plus… A vous de juger !
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Salon de Vannes
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À peine rentré de Noirmoutier, me re voici sur la route. Je repars pour Vannes, où, ce samedi et ce dimanche, se déroule le Salon du Livre en Bretagne.
D’abord, détour par Sarzeau où une charmante libraire m’a invité pour une signature.
Sarzeau et Vannes étant dans le même secteur géographique, ça ne me coûte qu’un détour d’une vingtaine de kilomètres.
Sarzeau, berceau de l’illustre Lesage, auteur (entre autres œuvres) du célèbre “diable boîteux”.
J’aime bien les petites librairies tenues par leur propriétaire. Celle de Sarzeau est ainsi faite, avec une libraire qui sait entretenir des relations particulièrement chaleureuses avec sa clientèle. Dans ces maisons, on trouve - outre des livres - la magie du contact ; la libraire finit par connaître le goût de son client pour telle ou telle sorte d’ouvrage et le lecteur est bien content d’être guidé judicieusement sans errer au hasard dans des rayons où il ne distingue pas toujours ce qu’il aimerait lire.
Dans les grosses librairies, ce sont souvent des Trissotins littéraires qui sont en charge des rayons et qui ne peuvent s’empêcher d’étaler leur petit savoir et leur goût pour la vraie littérature (de laquelle le livre dit “populaire” est bien évidemment exclu).
Cette attitude fait que, le plus souvent, ils prodiguent à des lecteurs en quête de conseils des recommandations mal venues propres à dégoûter à tout jamais certains clients de la lecture.
Cela s’appelle scier la branche sur laquelle on est assis, mais les Trissotins ignorent superbement les basses contingences matérielles. L’un d’eux me disait avec mépris, en parlant de son patron : “Il n’y a que le tiroir caisse qui l’intéresse !” Je me suis retenu de lui dire “Pauvre c…, s’il n’y avait pas ce tiroir caisse, qui te ferait ton chèque à la fin du mois ?”
Bref, vous aurez compris que ce n’est pas dans ce genre d’établissement que je m’égare volontiers.
Ma libraire avait prévu, dans sa petite librairie délicieusement nommée “Les passeurs de mots”, un petit buffet, avec crêpes, cidre, petits gâteaux… Autour de ce sympathique buffet, une conversation à bâtons rompus s’est spontanément instaurée avec les lecteurs. On en oubliait presque qu’on était venu là pour signer les ouvrages.
Premier fait marquant de la journée, une petite dame arrive avec une orchidée en pot. À ma grande surprise, elle m’est destinée. La dame avoue, en rougissant : “C’est pour vous remercier des bons moments que vous me faites passer.”
Je suis très ému: faire passer de bons moments à ses contemporains par les temps qui courent relève de l’exploit. Je prends ça comme un Goncourt, et surtout comme le plus beau compliment qu’on puisse me faire.
Alors, je fais la bise à la petite dame comme il se doit, ce qui accroît sa confusion, sous les flashs des deux journalistes de service heureux de capter cet instant d’émotion. Puis la petite dame repart, fière comme Artaban, “Casa del Amor” sous le bras.
Après ces instants de grâce, j’ai repris ma camionnette pour rentrer à Vannes, car je me déplace toujours avec ma camionnette.
J’y ai installé tout ce qu’il me faut pour survivre, un bon lit, bien entendu, ce qui m’évite d’aller loger dans les hôtels que l’organisateur nous réserve, le plus souvent dans quelque Formule 1 aux fins fonds d’une zone industrielle.
Les hôtels luxueux du bord de mer sont réservés aux “vrais” littérateurs, ceux qui sont estampillés VIe Arrondissement de Paris.
Qu’importe, je me suis installé sur l’île Conleau, au fond du golfe, comme un “vrai littérateur”. Et honni soit qui mal y pense !
Je dois dire que j’ai merveilleusement dormi, face à la mer.
L’île Conleau est pourvue d’une piscine naturelle que la mer remplit deux fois par jours. Le soir, l’eau y est un peu boueuse quand des dizaines de gosses s’en sont donné à cœur joie toute la journée, mais au petit matin, une eau toute fraîche l’a remplie et je suis le seul baigneur.
Le paradis ! Je peux nager tranquillement pendant une petite demi-heure. Bien évidemment, j’use de la douche installée à proximité pour ma toilette. Ensuite, je m’offre un petit déjeuner substantiel à la terrasse de l’hôtel de luxe qui jouxte ma camionnette, au milieu des “peoples” logés là et qui, visiblement, on du mal à émerger. Je ne songe même pas à leur recommander une demi-heure de natation aux petites heures du jour, suivie d’une douche froide. Dans le milieu, je suis déjà considéré comme un fada, pas la peine d’en rajouter.
Ensuite, en pleine forme, je m’en vais gaillardement affronter la foule qui ne va pas manquer de venir.
Le salon de Vannes est superbement installé dans les merveilleux jardins à la française, aux pieds des remparts de la ville.
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L’énorme tente blanche qui accueille les amateurs de livres est entourée d’autres tentes, plus petites, qui, elles, sont destinées aux rencontres et autres cafés littéraires.
Ici au moins, on ne mélange pas les genres.
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Le temps est magnifique et, dès dix heures, la foule se presse. En deux jours on enregistrera 32.000 visiteurs, ce qui n’est pas rien !
Le repas des auteurs est servi au château de l’Hermine, tout proche, et, il faut le dire, le traiteur s’est surpassé. Tout est excellent, le personnel attentionné, les voisins sympathiques. Une petite sieste, toujours dans le camion, et je retourne à mon stand.
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“Casa del Amor” se taille un franc succès et il me faut répondre encore et encore aux mêmes questions : “Quand viendra la suite de Mammig… Ai-je l’intention d’écrire encore des Mary Lester… Et les bouquins pour enfants ?”
Une vieille dame, très élégante, attend dans un fauteuil roulant. Il ne lui est pas facile d’approcher tant la foule est dense. Sa fille, qui la promène, relaye la question qu’elle voulait me poser : “Quand allez-vous faire du livre audio ?”
La vieille dame m’explique alors que sa vue ne lui permet plus de lire, pas même les ouvrages en gros caractères. Je lui signale donc que tous les Mary Lester sont enregistrés par la bibliothèque sonore de Quimper, et qu’elle peut se les procurer sur CD.
La voilà satisfaite : “c’est difficile de vivre sans lire”, dit-elle avec une moue qui en dit long sur sa frustration. Comme je vous comprends, madame !
J’espère que mes amis de la bibliothèque sonore pourront lui donner satisfaction.
Autre visite de marque, une équipe de gardiens de phares, désormais au chômage puisque l’automatisation des phares est chose faite. Ça marche tout seul, désormais. Ils en sont tout décontenancés, les gaillards. Et je puis vous assurer que ce sont des gaillards ! Le teint hâlé, les cheveux décolorés par les soleils, les vents, les pluies… Ils m’expliquent que tous, bon an mal an, sauvaient une douzaine de naufragés chacun et les réconfortaient en attendant les secours. Pas sûr que l’automatisation puisse en faire autant. Pas sûr du tout, même !
Voilà, il est déjà dix neuf heures. Le salon ferme ses portes. Les écrivains sont invités à regagner les navettes qui les attendent pour les conduire à la gare maritime. De là, embarquement sur une vedette sur laquelle l’apéro leur sera servi en préambule au repas qui aura lieu sur l’île aux Moines, un des joyaux du golfe du Morbihan.
C’est le clou de la fête, LA balade au milieu des personnalités. On pourra se faire photographier auprès de Benoîte Groult, Nelson Monfort, Edwy Plenel, Paul Lou Sulitzer et quelques autres.
Je me tiens soigneusement à l’écart et je laisse partir le navire. Je préfère dîner en tête à tête avec moi-même à une terrasse sur le port où l’animation est fort sympathique. Rassasié de sardines grillées, de bruits et de rires, je regagne l’île Conleau et sa zone de silence pour une seconde nuit aussi sereine que la première.
Le dimanche ressemble au samedi comme un frère. Emile et Josette sont venus me rendre visite. Ils m’avaient invité à séjourner chez eux le temps du salon et je les ai remerciés sans dire où j’avais dormi. Ils auraient pu être vexés que je préfère ma camionnette à un bon lit.
Emile et Josette ont respectivement 92 et 90 ans. Emile, toujours gaillard, toujours élégant - costume strict avec lavalière et Panama - mène une Josette pimpante, toute de rose vêtue, par le coude avec une autorité protectrice. Elle est - elle aussi - très soignée, très élégante et ses beaux yeux bruns pétillent de malice. Visiblement, ils sont toujours très amoureux. Il y a deux ans, ils sont venus en voiture me rendre visite à l’île-Tudy et depuis, Emile, qui est un virtuose d’internet, m’écrit fréquemment et m’adresse des blagues de garnement par mail.
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À dix sept heures je dois lever le siège : je n’ai plus de bouquins. J’en profite pour aller faire le tour des tentes où se donnent les conférences.
L’une d’elle déborde de monde. Je me demande quel illustre littérateur se livre à ses lecteurs. Las, c’est tout simplement un comédien qui tient dans “Plus belle la vie”, une série télévisée, le rôle d’un barman gay et qui a écrit quelque chose à ce propos (NDLR : Laurent Keruzore).
À quoi tient le succès…
Me voici sur le départ. Je rejoins le parking qui a été réservé aux auteurs, que des barrières mobiles séparent de la chaussée. Des bénévoles sont là, reconnaissables à leur chasuble jaune fluorescent et à leur casquette orange. Ce sont de jeunes gens fort sympathiques qui ont pour chef un monsieur plus âgé qui m’a, ce matin, accueilli fort courtoisement.
“Je vais enlever la barrière, dit-il, et vous guider pour sortir de cet emplacement.” Je le remercie, prends un livre dans ma voiture et le lui tends :
“Tenez, vous avez rendu service aux écrivains pendant ces deux jours, je suis sûr que personne n’a songé à vous offrir un livre”.
Il prend le bouquin et le regarde comme s’il n’en croyait pas ses yeux : “Merci !” souffle-t-il avec émotion. Et il ajoute : “Mais je n’ai rien à vous offrir, moi !”
Je le rassure en riant : “Je n’attends pas une contrepartie ! Vous nous avez été fort utile, et avec bonne humeur. C’est déjà beaucoup !”
Alors il prend dans un sac à dos qu’il porte sous sa chasuble un papier et me le tend : “Tenez, c’est pour vous !”
Je regarde, c’est un dépliant annonçant une exposition de peinture et je lis : “Olivier Mas ?” C’est moi, avoue-t-il. Voyez, je n’ai pas toujours été poseur de barrières… Il a un sourire triste. “À ma dernière expo, je n’ai rien vendu. Il faut bien vivre…”
Je regarde les reproductions. Ce sont des huiles de très bonne facture qui me font penser aux œuvres de Horace Vernet. Je le lui dis et je vois son œil bleu clair se mouiller. Il souffle : “Merci monsieur…”
Que dire ? Je lui serre chaleureusement la main en disant bêtement : “Allons, la chance tournera !” Et il redit, “Merci monsieur !”
Je démarre en lui adressant un signe de la main.
Quelle drôle d’époque ! Les barmen gay de la télé font florès, et les peintres de talent manœuvrent des barrières métalliques pour libérer les voitures des petits littérateurs que nous sommes.
Oui, quelle drôle d’époque !
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Bien à vous,
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J. Failler
1er chapitre de la 35e enquête de Mary Lester “Casa del Amor”
Lundi, mai 3rd, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons, divers | 10 commentaires
J-12 avant la sortie de Casa del Amor, la nouvelle enquête de Mary Lester qui paraîtra le 15 mai prochain…
Vous pouvez dès à présent réserver l’ouvrage en librairie et sur www.palemon.fr (et demander la dédicace de l’auteur !)
Histoire de vous donner l’eau à la bouche, voici le 1er chapitre (téléchargeable au format Pdf)… Alors, execllente lecture, et n’hésitez pas à nous laisser vos commentaires !
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Téléchargez au format Pdf le 1er chapitre de Casa del amor
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Chapitre 1
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« On est déjà venues par là, n’est-ce pas ma grenouille ? »
Mary Lester tapota le volant de sa vaillante petite Twingo qui allait bon train sur la route de Saint-Nazaire, traversant les friches industrielles qui subsistaient en bord de Loire.
Le grand pont apparut dans le lointain, mince et sinueux comme un ruban de paquet cadeau géant, abandonné au-dessus du large estuaire.
Vu de loin, on se demandait comment les voitures pouvaient rouler là-dessus, mais au fur et à mesure qu’on s’en rapprochait, on se rendait compte que c’était une véritable autoroute qui enjambait les flots jaunes de la Loire.
Mary eut juste le temps d’apercevoir, en contrebas sur la droite, le taudis où avait vécu le sinistre Armanjéo, l’assassin du juge Ménaudoux*.
Le lierre avait encore gagné et son épais manteau vert couvrait maintenant presque toute la toiture de fibro-ciment.
Elle frémit en repensant à Armanjéo, la brute intégrale, qui avait pulvérisé une voiture de police à la hache avant qu’elle ne lui vide le chargeur de son revolver dans les jambes pour réussir enfin à l’arrêter.
Où était-il maintenant ? Il devait avoir fini son temps de prison et, bien qu’il y eût peu de risques pour qu’elle se retrouve nez à nez avec lui, le savoir dans la nature lui donnait des petits picotements le long de la colonne vertébrale.
La pente était raide, elle dut descendre une vitesse pour arriver au premier portique qui pointait vers le ciel tout au sommet de l’ouvrage d’art. La petite voiture hoquetait, semblant trouver la pente particulièrement ardue, si bien que Mary dut rétrograder une nouvelle fois avant d’atteindre le sommet du pont.
— Ben dis donc, ma vieille, on n’a plus ses roues de vingt ans !
Il lui arrivait ainsi de parler à sa voiture lorsqu’elle voyageait seule. La petite voiture offerte « spontanément » par la Marine nationale après la destruction de son Austin par les commandos de marine* lui avait fait un long usage.
Celle-ci reprit de la vitesse en entamant la descente qui la menait de l’autre côté de la Loire et Mary continua de l’encourager :
— C’est bien, ma grenouille, c’est bien !
Elle songea que jamais la grenouille, comme elle disait, ne l’avait laissée en panne. Toujours pleine de bonne volonté malgré plus de deux cent mille kilomètres au compteur. Il faudrait pourtant, un de ces jours, songer à lui trouver une remplaçante car les voitures, même de bonne volonté, ne sont pas éternelles.
Mary n’était pas pressée. Tant que la « grenouille » roulerait sans avatar, elle la conserverait. Il s’était noué entre elle et son véhicule un curieux lien affectif que la plupart des gens auraient trouvé ridicule (comme ils auraient trouvé ridicule de l’entendre lui parler). Mais c’était ainsi. Elle avait l’âme conservatrice et il en était de même avec de vieux vêtements qu’elle trouvait confortables et qu’elle hésitait à jeter.
Tant que ça roulerait…
Du haut du pont, on avait l’impression de survoler l’estuaire, si bien que les montagnes de sable entassées par les gravières de Loire sur les berges ne paraissaient pas plus grosses que les pâtés que font les petits enfants sur les plages en été.
Vers le sud, le Marais breton s’étendait à perte de vue, gris et vert, avec des coulées d’eau qui brillaient au soleil. Car il faisait soleil, contrairement à la dernière fois où elle était arrivée à Saint-Nazaire avec sa Twingo toute neuve, sous un déluge invraisemblable.
Pourquoi appelait-on « Marais breton » ces terres qui, géographiquement parlant, étaient plus vendéennes que bretonnes ? Marais, d’accord, l’eau semblait sourdre de toutes parts et, avant que cette route qui filait droit vers l’horizon eût été tracée, il devait être périlleux de s’aventurer dans ce paysage.
Les armées républicaines, au temps de la chouannerie, en avaient su quelque chose et s’en étaient vengées avec une férocité sans nom. Mais breton… Pourquoi breton ? Qu’avait-il de breton, ce marais ?
Dans leur volonté de retrouver la Bretagne de leurs ancêtres et ses cinq départements, les Bretons seraient-ils tentés d’annexer également le sud de la Loire ?
Bonne question, dont Mary Lester ignorait la réponse. Elle n’était pas tenue d’élucider ce mystère et le temps des guerres de conquête n’était plus au goût du jour.
La veille, le commissaire Fabien l’avait convoquée dans son bureau et, après les civilités d’usage, l’avait contemplée sans mot dire, un demi-sourire aux lèvres.
Elle lui avait rendu son regard ironique :
— Sur quel coup tordu projetez-vous de m’expédier cette fois, Monsieur ?
Le commissaire n’avait pu retenir un petit mouvement de tête en arrière accompagné d’un pincement des lèvres et Mary, très contente d’elle-même, avait pensé : « Touché, Monsieur le commissaire ! »
Il avait protesté :
— Qu’est-ce qui vous laisse penser qu’il s’agit d’un coup tordu ?
Elle lui avait montré son auriculaire ostensiblement braqué vers son oreille :
— Mon petit doigt. Quand vous me convoquez comme ça, au débotté, c’est qu’il y a anguille sous roche.
Comme il ne pipait mot, se contentant de la regarder en souriant, elle avait demandé :
— Alors, où est-ce que ça se passe ?
Le commissaire Fabien avait essayé de reprendre la main :
— Devinez !
Elle répondit d’un ton badin :
— Je préfère l’entendre de votre bouche, patron.
Content de sa petite victoire, le divisionnaire Fabien avait croisé les doigts sur sa brioche et avait incliné la tête en fermant à moitié l’œil gauche, un tic qu’il avait conservé de l’époque où il avait en permanence une Benson à bout liège entre les dents. Une sérieuse alerte de santé l’avait contraint à renoncer aux délices du tabac, mais aux mouvements nerveux de ses doigts cherchant quelque chose à serrer, on devinait qu’il en faudrait peu pour qu’il replonge.
— Ah ah, on ne se mouille pas, capitaine. Pas envie de parier, cette fois ?
Elle avait répondu vertueusement :
— Il ne faut jamais parier avec ses supérieurs, Monsieur, quand ils perdent, ça les met de mauvaise humeur.
— Cette fois, dit le commissaire avec assurance, je ne risque rien.
Mary avait fait la moue :
— Alors ce n’est pas un marché honnête et ça m’étonne de vous, patron. Mon père prétend qu’il a connu, lorsqu’il faisait son service militaire, un officier qui affirmait : « Je ne parie que quand je suis sûr de gagner. Quand je ne suis pas sûr, je donne ma parole d’honneur ».
— Belle mentalité, fit Fabien amusé.
Et Mary précisa :
— Ce n’était qu’une boutade.
— Allez savoir, avec les militaires, soupira Fabien. Puis il avait laissé tomber :
— La Vendée.
Mary ne répondant pas, il précisa :
— L’île de Noirmoutier, pour être exact…
Elle demanda :
— Et que se passe-t-il sur l’île de Noirmoutier ?
— Un empoisonnement…
— Mortel ?
— Qui aurait pu l’être…
— Quelqu’un d’important ?
— Si on veut.
Il soupira :
— La dame de compagnie de la belle-mère d’un notable.
— Holà ! fit-elle.
— Ça vous effraie ?
— Oui. Les cinglés qui tuent de cette manière m’effraient. Un coup de flingue, de hache ou de binette sous le choc d’une déception, d’une colère, d’une passion trahie je peux comprendre, mais verser du poison dans la soupe d’un proche et le regarder crever à petit feu, ça c’est vraiment horrible.
— Ouais, dit le commissaire.
Pensait-il à son épouse qui l’accablait de granules, pilules, et autres potions ? Elle se garderait bien de poser la question.
— Et qu’est-ce qui vous amène à m’expédier en Vendée ?
— Vos mauvaises relations…
Mary Lester réprima un sourire, elle allait pouvoir contrarier son supérieur.
— Je suppose que vous voulez parler du conseiller Mervent…
Le visage de Fabien se rembrunit.
— En effet.
Elle ironisa :
— Il serait ravi d’apprendre que vous le classez dans les « mauvaises relations ». C’est le chef de cabinet et le premier conseiller du ministre de l’Intérieur, tout de même !
Cette fois Fabien ne rigolait plus du tout. Ce Mervent* était un intrigant, mais on le disait très influent auprès d’un ministre de l’Intérieur qui se voulait efficace sans avoir la moindre compétence pour l’être (Mervent, pour tout dire, n’en avait guère plus).
Mary enfonça le clou :
— Figurez-vous qu’il m’a téléphoné juste avant que j’arrive au commissariat.
Fabien balbutia :
— Parce qu’il a…
— Mon numéro de portable ? Mais oui ! D’ailleurs moi aussi j’ai le sien. Il me téléphone de temps en temps.
— Il vous…
— Il me téléphone, oui.
— Mais pourquoi ?
— Pour me demander, quand ses compétences faiblissent, mon avis sur tel ou tel problème de police.
Elle ajouta négligemment :
— Nous avons gardé d’excellentes relations.
Fabien persifla :
— En somme vous voilà conseillère du conseiller !
Elle minimisa son rôle :
— Faut pas exagérer, patron, il me demande juste quelques petits tuyaux.
— Vous saviez donc que vous deviez aller à Noirmoutier ?
Elle prit son air le plus candide et laissa tomber : « oui ».
Le commissaire Fabien parut fâché :
— Et vous me laissez exposer des choses que vous connaissez mieux que moi !
— Oui, mais comme je suis honnête, je n’ai pas parié !
Fabien grommela :
— Il n’aurait plus manqué que ça !
— J’aurais pu, ajouta-t-elle, gager quelque chose de gros… Un dîner à Rosmadec, par exemple.
Le commissaire était toujours débiteur de ce dîner qu’il avait promis à Mary dans un moment d’euphorie à la fin d’un repas mémorable au café du port à l’Île-Tudy*. C’était devenu l’Arlésienne, le commissaire redoutait que sa moitié apprenne qu’il invitait son enquêtrice préférée dans ce haut lieu de la gastronomie bretonne.
Et, lorsqu’elle voulait taquiner le patron, elle n’avait qu’à prononcer ce nom « Rosmadec » pour le plonger dans l’embarras.
Et là, il était plus qu’embarrassé. Il fit mine de ne pas entendre et graillonna à deux ou trois reprises : « hum… hum… ». Puis il demanda :
— Je suppose que vous acceptez cette mission ?
Elle assura :
— Je suis à vos ordres, patron.
Il persifla :
— Rien ne me dit que s’il s’était agi d’une enquête en banlieue au mois de novembre, vous auriez manifesté la même docilité.
— Ce n’est pas pareil, assura-t-elle, je n’ai aucune compétence pour aller me fourrer dans des zones de non-droit… Tandis que dans une île… au bord de la mer… Au mois de septembre…
Fabien avait bougonné :
— Non-droit… Non-droit… Qu’est-ce que ça veut dire, non-droit ?
— Vous le savez aussi bien que moi !
Ce qu’elle pouvait l’agacer !
— Bien, vous partez quand ?
— Demain matin.
Il soupira :
— Je n’ai malheureusement pas d’élément à vous donner…
Elle se leva :
— Ce n’est pas grave, patron, Ludo m’a téléphoné pour m’expliquer en gros ce dont il s’agissait.
Fabien avait une nouvelle fois froncé les sourcils :
— Ludo ?
— Oui, le conseiller Ludovic Mervent si vous préférez.
Le visage du patron s’était soudain empourpré, mais l’explosion qu’elle attendait ne vint pas. Elle admira in petto : « Quelle maîtrise de soi ! »
Néanmoins sa voix était pleine de colère contenue. Il articula :
— Je ne préfère pas ! Ça y est, vous en êtes à vous appeler par vos prénoms à présent ?
Elle leva les mains comme pour s’excuser :
— C’est lui qui a commencé, depuis quelque temps il m’appelle Mary, alors…
— Alors vous l’appelez Ludo ?
— Ben oui !
— Et moi alors, vous m’appelez comment ?
— Eh bien… Patron.
— Oui, mais quand je ne suis pas là ?
— Quand vous n’êtes pas là, je ne vous appelle pas, dit-elle avec une fausse candeur.
Le commissaire respira fort et dit, presque trop calmement :
— Je veux dire en mon absence, quand vous parlez de moi avec ce grand dépendeur d’andouilles de Fortin, vous m’appelez comment ? Lulu ?
Elle faillit pouffer :
— Oh, patron !
— Pourquoi pas ? Je vous appelle bien Mary, moi aussi !
Elle réfléchit et dit :
— C’est une idée. Je n’y avais jamais pensé, mais puisque vous me le suggérez… Quoique, ça ferait un peu familier tout de même. Vous imaginez, si vous m’invitez à Rosmadec avec madame Fabien et que je laisse tomber : « Lulu, voulez-vous me passer la moutarde ? »
Cette perspective sembla fâcher le commissaire si bien qu’il parut à nouveau sur le point d’exploser.
— Pff ! fit-il exaspéré. Fichez-moi le camp !
Elle se leva, gagna la porte et, la main sur la poignée, elle tenta de le rassurer :
— Je plaisantais, patron.
— Humph ! fit Fabien qui n’en était pas tout à fait persuadé. Enfin, tenez-moi au courant, capitaine Lester ! Je suppose que vous ne manquerez pas de faire appel aux services du lieutenant Fortin ?
— Si besoin est, patron, cependant je ne crois pas avoir à le déranger.
— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
— C’est une affaire d’empoisonnement, patron, donc a priori un crime de femme… Si toutefois il y a crime, bien entendu.
— Bien entendu, fit Fabien en écho. Il n’y a d’ailleurs pas eu crime, puisque la victime n’est pas morte.
Elle suggéra :
— Ça sera peut-être pour la prochaine fois.
— C’est ça, ricana Fabien, le criminel attend que la célèbre enquêtrice Mary Lester soit sur place pour passer aux choses sérieuses.
Il redit, mais moins agressivement :
— Fichez-moi le camp, jeune fille !
Elle ferma doucement la porte en riant, et fila venelle du Pain-Cuit préparer ses bagages.
En avant-première : la couverture de la 35e enquête de Mary Lester (parution en mai 2010)
Mercredi, mars 3rd, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, divers | Pas de commentaire
Eh oui, ça y est, le voile est levé !
Nous connaissons maintenant le titre de la prochaine enquête de Mary Lester, que vous êtes nombreux à attendre avec impatience, ainsi que la destination de Mary pour cette nouvelle mission…
Alors, voici la couverture :
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Qui reconnaît l’endroit ?
Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de s’y rendre et ne trouvent donc pas la réponse, cette photo a été prise à Noirmoutier, plus précisément sur le Passage du Goix, passage qui à marée haute est recouvert, faisant de Noirmoutier une île.
La “tour” qui figure sur la photo est en réalité un abri utilisé par les malheureux qui se laissent surprendre par la marée…
Mais vous en saurez plus en mai, à la parution de “Casa del amor”… Encore une enquête passionnante !
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Jean Failler s’invite au groupe de lecture de Clohars-Fouesnant
Mercredi, février 17th, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, auteurs bretons, salons et signatures | Pas de commentaire
Ayant appris par une annonce dans les journaux que son dernier ouvrage Mammig était au programme du groupe de lecture de Clohars-Fouesnant, Jean Failler a rendu visite à ces passionnées lors de leur dernière réunion.
Chaleureusement accueilli par la vingtaine de lectrices présentes, il a pu leur présenter ses motivations pour l’écriture de ce livre, évoquant avec plaisir de savoureuses anecdotes de sa vie en pays bigouden, de son enfance, de ses différents emplois. Un réel échange puisque ses interlocutrices avaient elles aussi de nombreuses histoires à partager.
Une rencontre finalement captivante pour tous ses participants… qui s’est bien entendu soldée par une séance de dédicace !
Retrouvez ci-dessous les articles parus dans la presse à ce sujet (cliquer sur les articles pour les visualiser en format agrandi), ainsi que quelques photos de l’évènement.
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Gens et Choses de Bretagne et Mammig selon L’Écho de l’Ouest
Mardi, janvier 19th, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons, revue de presse | Pas de commentaire
D’après des articles rédigés par Guy Perraudeau :
(…)
Jean Failler est un auteur breton bien connu pour son personnage Mary Lester, célèbre détective dans un bourg breton. Aujourd’hui, il change de registre et nous propose Gens et Choses de Bretagne avec la complicité du caricaturiste Nono. Cet ouvrage a un double mérite. Il impose la découverte de richesses bretonnes, tant humaines, culinaires, qu’historiques et culturelles ; de plus, ces chroniques sont brèves, écrites avec simplicité et parfois agrémentées d’un brin d’humour.
Quant aux dessins de Nono, c’est un plaisir de les contempler et de les associer au texte voisin. Heureuse région, la Bretagne, qui possède un tel ouvrage.
(…)
Pour les lecteurs adultes, spécialement les Bretons, Jean Failler donne le premier volume de Mammig, roman prévu en trois tomes. Ce premier livre est titré Les temps héroïques. Le thème qui a servi de base à cette saga, c’est l’histoire d’une famille de pêcheurs bretons du petit port de Guilvinec. Une histoire romancée pour le bonheur des lecteurs.
L’auteur est doublement passionné par sa terre bretonne associée à ses côtes, ses plages, ses ports, ses marins et aussi par l’écriture qui trouve toujours le charme indispensable pour subjuguer les lecteurs. On ne s’ennuie jamais avec un livre de Jean Failler. Pas de grandes phrases, pas de considérations intellectuelles, simplement la vie, le quotidien des femmes et des hommes de cette terre baignée par les flots.
Jean Failler vu par Nono
Jeudi, juillet 2nd, 2009 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons, divers | Pas de commentaire
Que font les auteurs dans les salons du livre lorsque les visiteurs ne sont pas encore arrivés ? Ils lisent, ou ils “croquent” leur voisin…
En tout cas, c’est ce que fait Nono, célèbre dessinateur breton, qui s’est senti inspiré par la présence de Jean Failler…
On retrouve les illustrations de Nono dans le quotidien régional Le Télégramme, ainsi que dans de nombreux ouvrages comme “Ils sont fous ces Bretons”, dont le succès a été impressionnant.
Et pour la réédition de son ouvrage “Gens et choses de Bretagne” (aujourd’hui épuisé) qui paraîtra à la rentrée 2009, devinez qui Jean Failler a choisi pour réaliser les illustrations ?
Un recueil qui promet !
En exclusivité : l’intégralité du 1er chapitre de “Il vous suffira de mourir”, la nouvelle enquête de Mary Lester (sortie le 16 mai 2009)
Jeudi, avril 23rd, 2009 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, divers | Pas de commentaire
Ca y est, c’est officiel, la nouvelle enquête de Mary Lester, intitulée “Il vous suffira de mourir“, sortira le 16 mai 2009 ! Elle comptera 2 tomes : “Motel des Forges” et “Le brame du cerf“.
Vous pouvez d’ores et déjà réserver cet ouvrage auprès de votre libraire, et sur le site des Éditions du Palémon www.palemon.fr.
En exclusivité, histoire de vous mettre l’eau à la bouche, nous vous proposons de découvrir le premier chapitre de cette enquête sur les bords du lac de Guerlédan en centre-Bretagne…
Nous attendons avec impatience vos commentaires sur ce début ! Jean Failler y répondra très prochainement…
…
Chapitre 1
…
Ce n’était qu’un village comme on en traverse vingt lorsqu’on se rend de Rennes à Quimper en empruntant la route du centre Bretagne qui n’est certes pas la voie la plus rapide, mais assurément la plus pittoresque pour relier ces deux villes.
Non que l’homme qui se déplaçait dans une Audi break de couleur sombre voulût faire du tourisme. En fait il joignait l’utile à l’agréable : l’utile étant la visite d’un client éventuel qui souhaitait installer une maison dans les arbres près de son hôtel, l’agréable la semaine de vacances qu’il projetait de passer en compagnie de son amie domiciliée à Quimper.
Âgé d’une bonne trentaine d’années, le conducteur de l’Audi était architecte. Il s’appelait Lilian Rimbermin et son break de couleur sombre n’était pas de première jeunesse.
Le village de Saint-Gwénécan s’étirait au long d’une route qui le pénétrait d’est en ouest, bordée de très vieilles maisons de granit gris, doré çà et là par des lichens qui flamboyaient au soleil couchant comme de très vieilles et très précieuses passementeries. En son centre, une route formait une croix et la circulation était commandée par des feux tricolores parfaitement anachroniques au cœur de ce village dont la maison la plus récente avait été construite avant la Révolution française.
Des panneaux routiers, non moins anachroniques, indiquaient que la vitesse était limitée à trente kilomètres heure dans la traversée du bourg, et des passages surélevés de la chaussée dissuadaient efficacement tout dépassement de ces limites.
Le chauffeur de l’Audi, arrêté au feu rouge, regardait de droite et de gauche, comme s’il était embarrassé pour trouver son chemin. Lorsque le feu passa au vert, il s’engagea au ralenti vers la sortie du village quand un vieux pick-up stationné sur le bas-côté devant une terrasse sortit brutalement en marche arrière sans se préoccuper de ce qui se passait sur la chaussée.
Une autre voiture venant en face, Lilian Rimbermin n’eut d’autre recours que d’écraser le frein, mais le choc était inéluctable. Il y eut un fracas de tôles froissées suivi du tintement cristallin des éclats de verre de son phare avant droit qui pleuvaient sur la chaussée…
Comme toujours en ce genre de circonstance, un grand silence suivit le fracas de la collision, puis, d’un bout à l’autre de la rue, des têtes curieuses se penchèrent aux fenêtres et le boucher du lieu parut au seuil de sa boutique, l’air terrible avec son tablier blanc taché de sang et un grand couteau à la main. Son crâne chauve luisait sous un pâle soleil et une moustache mongole barrait son visage rubicond.
Une vraie tête d’égorgeur ; inconsciemment on cherchait à voir si sa main gauche ne tenait pas par les cheveux un crâne de supplicié fraîchement exécuté encore dégoulinant de sang.
Où suis-je tombé ? se demanda Lilian en bloquant le frein à main. Il descendit de sa voiture et évalua les dégâts en secouant la tête d’un air dépité. L’aile avant de l’Audi en avait pris un vieux coup, comme le pare-chocs qui pendait sur le bitume. Et le jet de vapeur qui s’échappait du capot ne présageait rien de bon.
Le véhicule tamponneur était un imposant pick-up américain, haut sur roues, de marque Chevrolet, couleur vert bronze maculé de giclures de boue. Il avait heurté l’aile de l’Audi avec le coin de sa caisse qui, elle, n’avait subi aucun dommage.
« C’est vraiment le pot de terre contre le pot de fer » pensa Lilian désolé.
Le conducteur du pick-up, un grand type mince, large d’épaules, vêtu en cow-boy d’opérette, surgit comme un furieux. Son jean délavé était tellement collant qu’il paraissait avoir été cousu sur lui. Il marchait sur des santiags boueuses en plastique imitant - fort mal - la peau de serpent et portait une chemise de bûcheron canadien à carreaux plus ou moins écossais par-dessus laquelle il avait endossé un gilet sans manches en cuir noir qui complétait sa vêture folklorique.
Il ne manquait qu’un colt quarante-cinq pendu à son ceinturon de cuir fauve large de trois doigts, à boucle de cuivre et le Stetson pour poser avantageusement sur l’affiche des cigarettes Marlboro. Cependant, comme on était en Bretagne et non au Texas, le port du colt aurait été mal venu et il avait une tête à le déplorer.
Il s’approcha de Lilian et l’apostropha, lui collant en plein nez une haleine chargée de relents d’anis et de tabac.
— Dis donc, espèce de trou du cul, tu te crois aux vingt-quatre heures du Mans, ou quoi ?
Il avait la voix rauque, éraillée, des gros fumeurs et un lourd accent du terroir qu’il paraissait prendre plaisir à exagérer.
Lilian était déjà de méchante humeur ; se faire apostropher ainsi par un ivrogne qui était tout à fait dans son tort ne le rendit pas plus souriant.
Il toisa le cow-boy et répondit sur le même ton :
— Si vous regardiez, avant de reculer…
Il n’avait pas tutoyé son antagoniste. Sa bonne éducation sans doute…
— J’regardais pas, moi ? éructa le cow-boy. Si t’avais pas roulé comme un cinglé…
Révolté par cette mauvaise foi, Lilian protesta :
— Comment aurais-je pu rouler vite, je venais de démarrer au feu vert !
— Ah ouais ? fit l’autre, la bouche mauvaise, j’ai plutôt l’impression que t’as grillé le rouge !
Lilian indigné se retourna, cherchant des témoins :
— Vous avez vu, monsieur…
Le vieux bonhomme qu’il venait d’interpeller et qui avait assisté à la scène se défilait en marmonnant qu’il regardait justement de l’autre côté, entraînant dans sa précipitation à prendre le large un caniche à demi étranglé au bout de sa laisse.
Lilian chercha un autre témoin, une femme en noir, coiffée d’un fichu, portant un cabas de raphia, qui fit mine de ne pas le voir.
— Madame, madame…
Peine perdue, la femme s’enfuyait sans se retourner, comme si elle avait le diable aux trousses.
Le bruit de la collision avait attiré hors du bistrot, car on était devant la terrasse d’un bistrot, une faune de jeunes gens ricaneurs qui regardaient la scène avec intérêt. Lorsque Lilian fit un pas vers eux pour leur demander de témoigner, ils ricanèrent de plus belle, manière de dire : « On n’a rien vu, rien entendu ».
Puis ils s’accoudèrent à la balustrade de bois qui entourait la terrasse et s’installèrent comme au spectacle et le chauffeur de l’Audi comprit qu’il ne pourrait rien attendre de bon de ce côté.
Désemparé, il regarda la rue désespérément vide. Il était seul contre tous.
— Bon, dit le cow-boy brutalement, j’ai pas que ça à foutre, moi, tu la dégages, ta caisse, que je me casse ?
— Je ne dégage rien du tout ! fit Lilian fermement, on fait un constat avant.
Le cow-boy prit la pose avantageuse d’avant la bagarre au saloon : le rictus aux lèvres, les pouces dans le ceinturon, les coudes écartés du corps, comme s’il s’apprêtait à dégainer. Cela s’imposait, le bistrot avait pour enseigne Le Saloon, justement. C’était écrit en rouge et blanc sur une planche épaisse accrochée au-dessus de la porte.
Il ricana déplaisamment :
— Un constat ! Et puis quoi encore ? Tu te crois où, bonhomme ?
— Sur une route départementale bretonne où s’applique, je crois, la loi française, répliqua Lilian fort de son droit.
Le cow-boy ricana de plus belle et prit les spectateurs accoudés à la barre de bois à témoin :
— Vous entendez ça, les gars ?
Les ricanements fusèrent de plus belle. Visiblement, on attendait une belle bagarre.
Le cow-boy d’ailleurs semblait la rechercher. Il provoqua Lilian :
— T’avais qu’à pas me rentrer dedans, du con ! Est-ce que je te demandais quelque chose, moi ?
Lilian soupira. On ne s’en sortirait pas à l’amiable. Il sortit son portable et forma un numéro.
— Qu’est-ce que tu fais ? demanda le cow-boy la bouche mauvaise.
— J’appelle les gendarmes !
— Les gendarmes, les gendarmes, j’t’en foutrais des gendarmes, moi !
Gendarmes… Représentants de la loi… C’étaient probablement des mots qui n’avaient pas cours en ces lieux. La bouche du cow-boy se tordit, d’un geste prompt il saisit Lilian au collet, lui arracha le téléphone de la main et le balança avec violence contre un mur où l’appareil explosa. Puis, tenant toujours Lilian au col, il le secoua furieusement :
— Je vais t’en coller une, moi, si tu ne dégages pas, ’acré fi d’garce !
De dégoût, Lilian eut un mouvement de recul. Ce type avait une haleine de putois. Il tentait de résister, mais l’autre était plus fort. Il ferma les yeux dans l’attente du coup qu’il sentait venir, mais soudain l’étreinte de la brute se desserra et il entendit une voix rude qui demandait :
— Qu’est-ce qui se passe ici ?
Lorsqu’il ouvrit les yeux, il vit qu’un troisième homme était intervenu dans l’altercation, un gros type au visage mou, portant une sorte de képi marqué de deux lettres, GC, en métal doré, boudiné dans une veste qui avait dû appartenir à un vieil uniforme verdâtre dépourvu de galons.
Le gros type avait des mains larges comme des pelles de terrassier. Il prit le cow-boy au bras, juste au-dessus du coude et referma sa formidable paluche.
Le cow-boy grimaça. La prise ne semblait pas lui faire de bien car il se dressa sur la pointe des pieds en grimaçant de douleur et il devint tout pâle.
La main qui tenait Lilian au col relâcha son étreinte et celui-ci put remettre de l’ordre dans sa tenue vestimentaire malmenée.
— C’est ce connard de Parigot, haleta le cow-boy toujours grimaçant car le gros type n’avait pas desserré son étreinte, il a grillé le feu rouge et il m’est rentré dans le cul…
— C’est faux ! protesta Lilian, je venais de démarrer et je roulais au pas. Ce monsieur a reculé brutalement, sans regarder !
— Tu ne vas pas le croire, Lulu ! s’écria le cow-boy, en prenant le gros type à partie, un mec qui n’est même pas d’ici !
Dans sa bouche, « n’être pas d’ici » semblait être un défaut capital. Pour autant, le gros homme ne lâcha pas le bras de l’énergumène.
— Ou je me trompe, dit-il en reniflant d’un air dégoûté, ou il y a un de vous deux qui ment !
Il secoua le cow-boy qui geignit et lui demanda :
— Rien de cassé, Frankie ?
Le cow-boy secoua la tête négativement en s’exclamant :
— Pour le moment non, mais si tu continues à me serrer comme ça, tu vas me péter le bras !
Le gros type consentit à desserrer sa prise et l’autre se massa le bras en soufflant. Il allait protester mais le gros type ne lui en laissa pas le temps.
— C’est bon, dégage ! ordonna-t-il sans forcer la voix.
Lilian protesta :
— Vous n’allez tout de même pas laisser partir ce type ! Il conduit en état d’ivresse !
— Qu’est-ce qui vous fait dire ça, monsieur ? demanda le gros type avec une politesse exagérée en regardant Lilian sous le nez.
— Ce qui me fait dire ça ? répéta Lilian ulcéré, il pue la vinasse !
— J’ai plutôt senti comme une odeur de pastis, objecta le gros type.
— La vinasse, le pastis… tout ça c’est de l’alcool ! S’il souffle sur une flamme, ça fera une drôle d’explosion. Essayez voir avec un alcootest.
— Primo, dit le gros homme, je n’ai pas de conseils à recevoir de vous. Secundo, je ne suis pas gendarme et faire souffler dans le ballon, comme vous le suggérez, n’entre pas dans mes attributions.
— Ah… Et peut-on savoir ce qui entre dans vos attributions ?
— Éviter les bagarres, par exemple…
Il regarda de nouveau Lilian sous le nez :
— Éviter que vous vous fassiez massacrer par Frankie. Il peut être violent, Frankie, quand on l’agace.
— Parce que c’est moi qui l’agace ?
Le gros bonhomme regarda ostensiblement alentour et son regard se posa de nouveau sur Lilian qu’il fixa de manière gênante.
— Je ne vois personne d’autre.
— Trop aimable ! Au fait, qui êtes-vous ?
— Le garde champêtre.
Lilian répéta, éberlué :
— Le garde champêtre ?
Il pensait que la fonction avait disparu au siècle dernier et qu’elle appartenait désormais au folklore.
— Pour vous servir, dit le gros d’une voix morne.
Il tourna le revers de sa veste d’uniforme et Lilian aperçut une plaque de cuivre jaune qui luisait.
— En ville on dit « policier municipal ». Ça vous va ?
Lilian éberlué ne répondit pas. C’est le Far-West, pensa-t-il, tout le monde joue au cow-boy et voilà le shérif !
Le silence se prolongeant, le garde champêtre demanda :
— Vous avez vos papiers ?
Lilian ferma un instant les yeux, se demandant s’il rêvait ou s’il était éveillé.
— Je vous ai demandé vos papiers, monsieur ! insista le garde champêtre d’une voix exagérément polie.
Il avait cependant monté le ton pour faire comprendre à son interlocuteur qu’on ne plaisantait pas.
Lilian pensa que, s’il rêvait, c’était un cauchemar. Il sortit son porte-cartes et, en soupirant, présenta les documents au gros type qui les examina avec une attention exagérée.
— Lilian Rimbermin, hein ?
— C’est cela… dit Lilian qui commençait à sentir la moutarde lui monter au nez.
— Architecte…
— Comme vous le voyez.
L’autre essaya de prendre un air finaud :
— Que vient faire un architecte parisien à Saint-Gwénécan ?
— Il se trouve que la nationale 164 traverse Saint-Gwénécan…
Le gros type l’interrompit :
— En cette saison, les Parisiens empruntent plutôt la voie express.
— D’abord, je ne suis pas parisien, protesta Lilian, ensuite je ne savais pas qu’il y avait des saisons pour traverser votre village.
— Vous n’êtes pas parisien, fit le gros d’un air dégoûté, alors expliquez-moi pourquoi vous avez une voiture immatriculée en soixante-quinze ?
— Pff… fit Lilian en feignant l’admiration, ce que vous êtes observateur !
— C’est le métier, dit l’autre sans relever le sarcasme.
Il eut un mouvement de tête qui signifiait qu’il attendait une réponse. Lilian, agacé, bafouilla :
— C’est parce que… parce que j’ai mon bureau dans la région parisienne.
Le garde champêtre hocha la tête d’un air entendu :
— C’est bien ce que je disais !
Il parlait toujours d’un ton paisible, d’une voix lente et monocorde et dévisagea Lilian sans aménité :
— On ne me la fait pas, à moi !
— Et alors ? s’insurgea Lilian, on n’a peut-être pas le droit de traverser votre patelin avec une bagnole immatriculée dans la région parisienne ?
— Que si, il y a même des étrangers d’autres pays qui y passent, alors, vous voyez…
La preuve que ce pays était une terre de tolérance, sans doute.
— Mais c’est surtout l’été, intervint le cow-boy auquel on ne demandait rien et qui ne se résignait pas à s’éloigner.
— Ta gueule, Frankie, dit le garde champêtre toujours d’une voix égale, sans même accorder un regard au cow-boy qui paraissait frustré d’une bonne bagarre. Je t’ai déjà dit de te tirer !
L’autre recula en ronchonnant et remonta dans son pick-up. Une voiture voisine étant partie, il put, au prix d’une manœuvre, s’en aller à son tour sous les yeux du garde champêtre dans un grondement de son puissant moteur qui cracha une épaisse fumée noire, tandis que les gros pneus crantés criaient sur le bitume.
— Vous le laissez partir ? s’indigna Lilian.
Sans daigner répondre, le garde champêtre referma le porte-documents qui contenait les papiers de Lilian et le lui tendit comme à regret.
— C’est bon, monsieur. Vous n’êtes pas blessé.
C’était plus une constatation qu’une question.
— Encore heureux, maugréa Lilian en empochant ses papiers.
— Alors, circulez !
— Vous êtes bien bon ! dit Lilian en donnant un coup de pied dépité dans le pneu de sa voiture, mais comment voulez-vous que je circule avec ça ? C’est un comble, je passais tranquillement lorsque cet ivrogne m’est rentré dedans en reculant sans même regarder où il allait.
— Ça, c’est votre version, monsieur, soupira le garde champêtre. Comme Frankie dit exactement le contraire et qu’il n’y a pas de témoins, je me vois contraint de vous renvoyer dos à dos.
— C’est insensé ! s’exclama Lilian, il n’y a pas de gendarmes dans ce pays ?
— Il y en a, dit le garde champêtre avec un mouvement insouciant du bras, mais on ne les dérange pas pour des broutilles.
— Des broutilles ? Mais j’ai bien pour quinze cents euros de réparations !
— C’est l’inconvénient avec les voitures allemandes, dit le garde champêtre avec une moue, faire venir la pièce détachée d’outre-Rhin coûte cher. Il y a le transport…
Lilian continuait de se demander s’il rêvait. On en était aux considérations économiques, à présent. Il se promit, à l’avenir, de prendre la voie express comme tout le monde lorsqu’il n’aurait pas de visites à faire.
— Il n’y a pas de dommages corporels, dit le garde champêtre d’une voix lénifiante, pourquoi voudriez-vous qu’on dérange les gendarmes ? Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de faire comme Frankie, disparaissez !
Avant que Lilian ait pu répondre, une jeune femme aux cheveux châtains s’approcha de la voiture accidentée et déclara à voix haute et claire :
— Moi j’ai vu l’accident !
Le garde champêtre toisa la nouvelle venue avec une sorte de mépris :
— Ah ouais ?
Soudain il paraissait contrarié. Méfiant et contrarié.
— Tout à fait. J’étais à la poste, en face et j’attendais mon tour. Je le confirme, ce monsieur est bien passé au vert, à vitesse réduite, bien à droite sur la chaussée et c’est la camionnette qui, en reculant brutalement, a embouti sa voiture.
La réaction du garde champêtre parut étrange à Lilian. Visiblement le bonhomme connaissait cette femme, ce qui n’expliquait pas pourquoi il l’avait regardée avec une suspicion que rien ne justifiait.
Âgée d’une bonne trentaine d’années, elle semblait juste un peu trop raffinée pour ce village rural où la plupart des hommes circulaient en bleus de travail, le plus souvent maculés de terre, et où les femmes uniformément vêtues de noir paraissaient toutes d’âge canonique.
Quand elle eut terminé son récit, le gros homme hocha la tête d’un air de doute. La jeune femme écrivit alors une série de chiffres au revers d’un morceau de papier en s’appuyant sur le capot de l’Audi et la tendit à Lilian :
— Si votre compagnie d’assurances, ou la police, a besoin de mon témoignage, voici mon téléphone.
Elle avait une voix un peu rauque, agréable, avec un léger accent que Lilian ne situa pas immédiatement.
Il prit le papier et jeta un coup d’œil sur la série de numéros.
— Je vous remercie beaucoup, c’est très aimable à vous.
La femme eut un mouvement d’épaules accompagné d’un sourire triste qui signifiait : « Ce n’est rien ! »
Elle ajouta :
— Je m’appelle Claire Aubenard et ce monsieur sait où on me trouve.
Puis elle traversa la rue d’une démarche élégante et se dirigea vers une Golf Volkswagen sous les regards de quelques badauds soudain réapparus.
Il n’y avait pas eu un seul mouvement de sympathie de la part de ces badauds, mais plutôt une sorte d’animosité, d’hostilité diffuse.
La tête haute, ne saluant personne, la jeune femme monta dans sa voiture et démarra sans se retourner.
— Vous connaissez cette dame ? demanda Lilian.
— Je connais tout le monde ici, répondit le garde champêtre.
— Qui est-elle ?
Le gros homme eut un mouvement de menton vers la carte que Lilian avait en main.
— Vous avez son téléphone…
Lilian répéta : « Claire Aubenard », je m’en souviendrai.
Le garde champêtre, quant à lui, ne paraissait pas disposé à donner plus de renseignements et Lilian resta les bras ballants en se demandant qui était cette femme.
Le gros ne disait toujours rien, néanmoins ce témoignage avait dû l’influencer, à moins qu’ayant flairé l’haleine alcoolisée du cow-boy il se méfiât des suites qu’aurait pu avoir cette histoire ? Toujours est-il qu’il proposa à Lilian d’appeler une dépanneuse.
Celui-ci ayant accepté, il forma un numéro sur son téléphone portable à lui et demanda à son interlocuteur que l’on vienne enlever l’Audi.
Quelques minutes plus tard, un camion de dépannage vint se positionner devant la voiture de Lilian et le conducteur déroula un câble d’acier qu’il fixa sous la voiture. Il actionna alors une télécommande, le câble se raidit, et le break accidenté fut hissé sur le plateau de la dépanneuse.
Le mécanicien invita Lilian à monter près de lui pour aller jusqu’au garage ; Lilian refit donc, en sens inverse, le chemin qu’il venait de parcourir pour venir s’empaler dans le pick-up du cow-boy, dans une cabine bruyante qui empestait le cambouis et le gas-oil.
Il était alors deux heures de l’après-midi. Un pâle soleil perçait sous le ciel gris et il éclairait les eaux tourbeuses du lac que l’on apercevait en contrebas de la route.
Le Mary Lester en grands caractères présenté dans le mensuel “Bien Vu”
Mardi, février 17th, 2009 | Jean Failler et Mary Lester, revue de presse | Pas de commentaire
La rubrique Bien Lu, du magazine Bien Vu, consacrée aux livres, présente ce mois-ci Le passager de la Toussaint de Jean Failler, soit la 29e enquête de Mary Lester, éditée cette fois en grands caractères, pour les personnes dont la vue est réduite.
Retrouvez cet ouvrage en grands caractères sur le site des Editions du Palémon.
“L’homme que je n’ai pas tué” dans le quotidien Ouest-France
Mardi, février 17th, 2009 | Jean Failler et Mary Lester, revue de presse | Pas de commentaire
Le quotidien Ouest-France a également publié récemment dans sa rubrique “Culture” une excellente critique du recueil de nouvelles de Jean Failler L’homme que je n’ai pas tué.
Voici quelques extraits de cet article signé Yannick Pelletier :
“Les neufs nouvelles que publie Jean Failler mettent en relief les facettes de son art de conter qui sont autant des ingrédients qui assurent le succès de la série des Mary Lester. Du cocasse au fantastique, s’impose ici une manière de brosser un paysage qui ancre le récit dans la réalité. Se déploie la richesse de l’observation psychologique ou sociologique… (…) A quoi s’ajoute l’art du détail… (…) Ou encore, la dénonciation des hypocrisies de la bonne conscience. (…) Aller au delà des êtres et des choses pour donner ses chances à la vie : c’est cela aussi l’art de Jean Failler.”
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