revue de presse sur Les Mange-Rêve et Tombmor de Jean-Luc Le Pogam

Voici les derniers articles de presse parus sur Jean-Luc Le Pogam et ses Mange-Rêve.
Le succès est encore et toujours au rendez-vous…
Ouest-France - 9 avril 2010

Ouest-France - 9 avril 2010

 

Le Courrier Vendéen - avril 2010

Le Courrier Vendéen - avril 2010

Plouc Magazine - avril 2010

Plouc Magazine - avril 2010

Le Télégramme dimanche - 9 mai 2010

Le Télégramme dimanche - 9 mai 2010

Ouest-France - 27 avril 2010 (annonce du Salon de Vannes)

Ouest-France - 27 avril 2010 (annonce du Salon de Vannes)

Le Télégramme - mai 2010

Le Télégramme - mai 2010

magazine Bretons - juin 2010

magazine Bretons - juin 2010

Armor Magazine - juin 2010

Armor Magazine - juin 2010

Jean Failler au Salon de Noirmoutier : ses commentaires et photos !

Jean Failler participait le week-end dernier au Salon du Livre de Mer de Noirmoutier, pour dédicacer sa dernière enquête de Mary Lester Casa del Amor, dont l’action se déroule sur l’île.

C’est avec grand plaisir qu’il s’est prêté au jeu des commentaires, et qu’il nous décrit son week-end…

Salon de Noirmoutier 2010.


Tout au bout de l’île, sur une dune face à l’Océan, une immense tente blanche accueille les écrivains et leurs visiteurs.
L’endroit est superbe, le temps est beau, presque trop beau. Sous la tente, on cuit, si bien qu’il faut l’ouvrir pour faire circuler l’air.
Chaque libraire a son écurie, je suis entre Françoise Xénakis et une vieille connaissance, l’amiral Merer que j’ai connu lors du salon « l’Ancre et la Plume », alors qu’il était Préfet Maritime à Brest.
Cet homme jeune, qu’on prendrait pour un midship plutôt que pour un retraité de la Royale, est tout à fait passionnant. Laurent Merer est un littéraire et, comme il a vécu des expériences extraordinaires aux plus hautes responsabilités de son arme, on apprend toujours plein de choses en parlant avec lui. D’autant qu’il raconte bien.
Madame Xénakis, son petit chien sur les genoux, est très disponible pour ses nombreux admirateurs.
Nos hôtes sont Bénédicte et Vincent, deux jeunes et sympathiques « vrais » libraires dont la boutique, dans le vieux quartier de Noirmoutier, est un enchantement. Ils vous y servent outre d’excellents bouquins de non moins excellents gâteaux pour accompagner le thé ou le café.

Avec Bénédicte et Vincent, libraires à Noirmoutier (librairie Trait d'union) qui m'ont chaleureusement accueillis sur leur stand.

Avec Bénédicte et Vincent, libraires à Noirmoutier (librairie Trait d'Union) qui m'ont chaleureusement accueilli sur leur stand.

Voilà, le décor est planté (c’est le cas de le dire, puisqu’on est sous une tente). Reste à attendre le chaland. En fait de chaland, voici une troupe officielle qui s’avance, entourée de photographes et de caméramen.  Ces gentlemen en costumes sombres serrent les mains d’un air pénétré en se présentant avec componction : Tartempion, député, Untel, conseiller général, Dupont, maire, Durand, conseiller régional…
J’en oublie sûrement, car je passe sur cette piétaille de la démocratie que sont les adjoints aux maires, les conseillers municipaux, etc.
J’en oublie sûrement, mais j’espère qu’on ne m’en tiendra pas grief.
Cette armada de VIP, dont le vaisseau amiral est monsieur De Villiers, président de Région, entraîne dans son sillage une cohorte de jeunes attachés de ceci ou de cela, aux dents déjà longues, qui se bousculent volontiers pour figurer sur la photo qui paraîtra dans le quotidien régional demain.
Et puis c’est le temps des discours. La société de remerciements mutuels et réciproques entre en action.
Derrière moi, Gérard, qui fut un des bagnards de Vidocq à la télévision (reconverti dans le polar) soupire avec son inimitable accent parigot : « C’est parti pour deux plombes ! »
Il ne se trompe pas beaucoup, Gérard. Pour chacun de ces politiques, c’est l’heure de gloire : le micro à la main, ils vont pouvoir ressasser les lieux communs que le précédent orateur a assénés et que le suivant répétera à l’envi, encore et encore.
Tout ceci nous parvient parfaitement incompréhensible, heureusement, dans un salmigondis abasourdissant.


Je sors prendre l’air pour récupérer un peu. Enfin, c’est l’apéritif d’honneur qui clôt, comme il se doit, cette cérémonie et l’armada se dirige vers les tables dressées dehors. Ouf, on va pouvoir, peut-être, s’entretenir avec nos lecteurs, ceux qui ont fait des kilomètres pour nous rencontrer.
On les attend de pied ferme, puis on les cherche, en vain…  L’horloge nous apprend qu’il est déjà douze heures trente, ce qui laisse à penser qu’en attendant de goûter aux nourritures spirituelles, les visiteurs font le plein de nourritures terrestres.
Comme je le fais d’ordinaire, je casse la croûte dans mon camion aménagé, face à la mer, puis je sacrifie à un petite sieste bien méritée. Quatre heures de route pour rejoindre Noirmoutier, c’est environ trois heures trente de plus que je puis supporter.
Lorsque je reviens, j’ai déjà des lecteurs qui m’attendent. Des dames, des messieurs qui me disent combien ils aiment ce que j’écris.  Voilà qui est bien réconfortant. On me pose des questions : Quand écrivez-vous, où trouvez vous votre inspiration, quand ferez-vous un roman qui se passe à Belle-Île,
à Ouessant, à Plougrescan ?… (liste non exhaustive)
Je réponds avec bonne humeur, je plaisante, je serre des mains, je fais la bise parfois, et parfois aussi je dois poser pour la photo.

Mais voilà que le micro couvre les conversations. À l’autre extrémité de la tente, il y a un espace aménagé pour les conférences et, dans une (peu) louable intention, les organisateurs ont sonorisé tout l’espace, si bien que l’on ne s’entend plus. Chacun s’efforce de hausser le ton pour se faire comprendre, en vain ! C’est épuisant.
Une jeune et charmante journaliste qui voulait m’interviewer renonce : « Je vous poserai les questions par mail, ici c’est impossible ».
Elle a tout à fait raison. J’ai la nostalgie de l’atmosphère feutrée du feu salon des Écrivains Bretons, dans les écuries du château de Trévarez (NDLR : en centre-Finistère) où,
sur un fond de musique classique, on pouvait échanger avec bonheur de menus propos avec les lecteurs qui nous faisaient l’honneur de leur présence.
Une conférence s’achève, on va pouvoir avoir une plage de (relatif) silence… Las ! Voilà que les binious bombardent, comme dirait Jaouen. Invité en terre vendéenne, le bagad de Quimper donne aubade sur aubade. Pas feignants, mes concitoyens, ils n’ont pas fait le voyage pour rien !  Avec eux les
amateurs de décibels en ont pour leur argent. On se croirait au Festival de Cornouaille. Et ils jouent bien, les bougres, on le sait depuis  longtemps…  Bien et fort…


La tente se vide, les écrivains se regardent, navrés.
Quand les organisateurs de salons dits littéraires comprendront-ils qu’on ne peut pas mélanger tous les genres, si bons soient-ils ?
Epuisé par cette première journée, je retrouve avec bonheur la charmante petite chambre que les organisateurs m’ont réservée à Noirmoutier en l’île.
Dormir enfin !
Pas de chance, c’est la coupe du monde de foot. Mon voisin de chambre est un fan. Comme je regarde aussi, ça ne me gêne pas. Lorsque le match est terminé, j’éteins. Pas le voisin. Jusqu’à minuit, j’ai l’impression d’avoir Raymond Domenech au pied de mon lit. On cauchemarderait pour moins que ça.
Je tape au mur, je retape au mur à m’en meurtrir le poing… Enfin, ça se termine.
Il est minuit. Je suis trop énervé pour m’endormir de suite. J’ai échangé le spikeur contre le ronfleur. Le voisin fait vibrer les murs.
Je finis tout de même par m’endormir jusqu’à ce que je sois réveillé en sursaut. Le salaud, il a rallumé la télé ! Je regarde ma montre, il est 5 h 30. Ça va durer jusqu’à sept heures.
Au petit déjeuner, je me plains au patron de l’hôtel qui va dire deux mots à cet homme bruyant. Celui-ci s’étonne : comment ? Il n’a même pas allumé sa télé ! Comme nous ne sommes qu’à deux dans l’hôtel, j’ai dû rêver. Je maîtrise, mais si ce soir il remet ça, je l’assomme !
Il n’a pas remis ça. Du moins jusqu’à huit heures… Et il paraît que c’est un homme de lettres ! Je croyais qu’un homme de lettres se mettait au lit avec un bon bouquin et que le sommeil venait le chercher paisiblement. Comme on peut se tromper, n’est-ce pas ? À la réflexion, ça doit plutôt être un spécialiste  des Chiffres et des Lettres.


La seconde journée ressemble à la première, avec d’autres rencontres heureuses. Je vous en donne deux…
Une charmante dame vient me serrer la main avec effusions : « Ah, je vous remercie, vous avez parlé de moi dans votre roman ».
Je m’étonne : comment aurais-je pu parler d’une personne que je ne connais pas ?
Elle s’explique : elle tenait, sur la plage des dames à Noirmoutier, la petite boutique de plage que j’ai décrite dans les premières pages de mon livre. Elle en est toute émue. Je pose, sur la photo, entouré de monsieur et madame. Ils me l’enverront par internet, c’est promis. Et si je repasse par la plage des dames, il faut que j’aille les voir. Bien qu’ils soient maintenant en retraite, ils habitent toujours là. C’est promis aussi.

Monsieur et madame Freslon qui ont créé la boutique "Grain de sable" sur la plage des Dames au bois de la Chaize à Noirmoutier.

Monsieur et madame Freslon qui ont créé la boutique "Grain de sable"sur la plage des Dames au bois de la Chaize à Noirmoutier.

Et puis la seconde rencontre marquante : un grand gaillard d’une bonne soixantaine d’années vient me dire combien Mary Lester l’a accompagné dans sa vie professionnelle. Il travaillait dans une compagnie pétrolière et il a baroudé à la recherche de l’or noir dans tous les coins du monde : de l’Alasaka à la Zambie, en passant par le détroit de Behring et le pôle sud. Et puis, le voilà en retraite, il rentre au logis, sur la côte Nord de Bretagne et là, surprise, sa femme qui ne l’a jamais vu plus d’un mois par an, le trouve trop encombrant. Et hop, le voilà viré ! Heureusement, il a une petite résidence secondaire sur l’île de Noirmoutier. Alors il s’y réfugie et là, il trouve une lettre qui vient d’arriver : une de ses amie d’enfance, qu’il avait perdue de vue depuis quarante et des années, lui annonce qu’elle a dû quitter un mari brutal et qu’elle se trouve à la rue. Il prend son téléphone et ne dit qu’un mot : « Viens ! »
Elle est là, toute timide dans son ombre de géant, toute blonde, tout de blanc vêtue, coquette, élégante… Elle a des yeux extraordinaires, d’un bleu tout délavé, des yeux qui ont trop pleuré sans doute. Mais maintenant, ils sont pleins d’étoiles et quand ils se regardent, leur bonheur irradie.
Y a-t-il quelque chose à rajouter ? Même si elle en est prodigue, la vie ne fait pas que des vacheries. Elle fait aussi, heureusement, parfois de beaux cadeaux.
Pour moi aussi de telles rencontres sont de beaux cadeaux. Et il y en a eu d’autres, plus discrètes mais tout aussi charmantes. On a échangé des cartes, on s’enverra des mails et, qui sait, sur un autre salon… Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.

La dame organisatrice passe, affairée. Elle s’inquiète :

— Il n’y a pas beaucoup de monde ! Pourtant, on a bien fait les choses.
— Oui, lui dis-je, vous avez parfaitement fait les choses, mais vous avez oublié l’essentiel.
— L’essentiel ? Que voulez-vous dire ?
— Le parking, madame !
— Le parking ? Vous n’avez pas trouvé à vous garer ? Il y a pourtant un fléchage…
— Il ne s’agit pas de moi, je suis parfaitement servi de ce côté, mais des visiteurs.
Elle me regarde, interdite :

— Les visiteurs ?

Elle semble dire : s’il faut aussi se préoccuper des visiteurs !

— Il est impossible de garer une voiture dans un rayon de trois kilomètres. Si vous croyez que les gens vont les faire à pied ces trois kilomètres…
Elle ne me répond pas.
Eh oui, chère dame, la règle intangible du commerce moderne dit (qu’on m’excuse de l’écrire en anglois) « No parking, no business… » (Ce qu’il faut être terre à terre, parfois !)
Je la laisse nager dans un océan de perplexité.


Voilà, le temps est venu des adieux à mes voisins, mes voisines, à nos charmants libraires.
J’ai grande hâte de retrouver mon petit bureau dans ma petite île.
Dimanche, on remet ça, à Vannes, cette fois…


Bien à vous,

Jean Failler.

Madame Nadine Chantreau qui m'a si bien documenté sur "son" île

Madame Nadine Chantreau, qui m'a si bien documenté sur "son" île, accompagnée de mon épouse Marcelle.