nouvelles caricatures de Jean Failler par Nono

Jeudi, juin 24th, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, auteurs bretons, divers, salons et signatures | Un commentaire

Le célèbre illustrateur Nono (qui a signé les dessins de Gens et Choses de Bretagne, inventaire écrit par Jean Failler) à une nouvelle fois “croqué” Jean Failler et Mary Lester, lors du Salon de Vannes…Il y a de quoi rire !

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Les commentaires de Jean Failler sur le Salon de Vannes - avec photos

Mercredi, juin 23rd, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons, divers, salons et signatures | 4 commentaires

Après ses commentaires sur le Salon de Noirmoutier, Jean Failler nous offre cette fois de son avis sur le Salon de Vannes, qui se tenait le week-end dernier… Un régal une fois de plus… A vous de juger !

Salon de Vannes


À peine rentré de Noirmoutier, me re voici sur la route. Je repars pour Vannes, où, ce samedi et ce dimanche, se déroule le Salon du Livre en Bretagne.
D’abord, détour par Sarzeau où une charmante libraire m’a invité pour une signature.
Sarzeau et Vannes étant dans le même secteur géographique, ça ne me coûte qu’un détour d’une vingtaine de kilomètres.
Sarzeau, berceau de l’illustre Lesage, auteur (entre autres œuvres) du célèbre “diable boîteux”.
J’aime bien les petites librairies tenues par leur propriétaire. Celle de Sarzeau est ainsi faite, avec une libraire qui sait entretenir des relations particulièrement chaleureuses avec sa clientèle. Dans ces maisons, on trouve - outre des livres - la magie du contact ; la libraire finit par connaître le goût de son client pour telle ou telle sorte d’ouvrage et le lecteur est bien content d’être guidé judicieusement sans errer au hasard dans des rayons où il ne distingue pas toujours ce qu’il aimerait lire.
Dans les grosses librairies, ce sont souvent des Trissotins littéraires qui sont en charge des rayons et qui ne peuvent s’empêcher d’étaler leur petit savoir et leur goût pour la vraie littérature (de laquelle le livre dit “populaire” est bien évidemment exclu).
Cette attitude fait que, le plus souvent, ils prodiguent à des lecteurs en quête de conseils des recommandations mal venues propres à dégoûter à tout jamais certains clients de la lecture.
Cela s’appelle scier la branche sur laquelle on est assis, mais les Trissotins ignorent superbement les basses contingences matérielles. L’un d’eux me disait avec mépris, en parlant de son patron : “Il n’y a que le tiroir caisse qui l’intéresse !” Je me suis retenu de lui dire “Pauvre c…, s’il n’y avait pas ce tiroir caisse, qui te ferait ton chèque à la fin du mois ?”
Bref, vous aurez compris que ce n’est pas dans ce genre d’établissement que je m’égare volontiers.
Ma libraire avait prévu, dans sa petite librairie délicieusement nommée “Les passeurs de mots”, un petit buffet, avec crêpes, cidre, petits gâteaux… Autour de ce sympathique buffet,  une conversation à bâtons rompus s’est spontanément instaurée avec les lecteurs. On en oubliait presque qu’on était venu là pour signer les ouvrages.
Premier fait marquant de la journée, une petite dame arrive avec une orchidée en pot. À ma grande surprise, elle m’est destinée. La dame avoue, en rougissant :  “C’est pour vous remercier des bons moments que vous me faites passer.”
Je suis très ému: faire passer de bons moments à ses contemporains par les temps qui courent relève de l’exploit. Je prends ça comme un Goncourt, et surtout comme le plus beau compliment qu’on puisse me faire.
Alors, je fais la bise à la petite dame comme il se doit, ce qui accroît sa confusion, sous les flashs des deux journalistes de service heureux de capter cet instant d’émotion. Puis la petite dame repart, fière comme Artaban, “Casa del Amor” sous le bras.
Après ces instants de grâce, j’ai repris ma camionnette pour rentrer à Vannes, car je me déplace toujours avec ma camionnette.
J’y ai installé tout ce qu’il me faut pour survivre, un bon lit, bien entendu, ce qui m’évite d’aller loger dans les hôtels que l’organisateur nous réserve, le plus souvent dans quelque Formule 1 aux fins fonds d’une zone industrielle.
Les hôtels luxueux du bord de mer sont réservés aux “vrais” littérateurs, ceux qui sont estampillés VIe Arrondissement de Paris.
Qu’importe, je me suis installé sur l’île Conleau, au fond du golfe, comme un “vrai littérateur”. Et honni soit qui mal y pense !

Je dois dire que j’ai merveilleusement dormi, face à la mer.
L’île Conleau est pourvue d’une piscine naturelle que la mer remplit deux fois par jours. Le soir, l’eau y est un peu boueuse quand des dizaines de gosses s’en sont donné à cœur joie toute la journée, mais au petit matin, une eau toute fraîche l’a remplie et je suis le seul baigneur.
Le paradis !  Je peux nager tranquillement pendant une petite demi-heure. Bien évidemment, j’use de la douche installée à proximité pour ma toilette. Ensuite, je m’offre un petit déjeuner substantiel à la terrasse de l’hôtel de luxe qui jouxte ma camionnette, au milieu des “peoples” logés là et qui, visiblement, on du mal à émerger. Je ne songe même pas à leur recommander une demi-heure de natation aux petites heures du jour, suivie d’une douche froide.
Dans le milieu, je suis déjà considéré comme un fada, pas la peine d’en rajouter.
Ensuite, en pleine forme, je m’en vais gaillardement affronter la foule qui ne va pas manquer de venir.
Le salon de Vannes est superbement installé dans les merveilleux jardins à la française, aux pieds des remparts de la ville.

Les superbes jardins aux pieds des remparts...

Les superbes jardins aux pieds des remparts...

Le Pont de la Porte Poterne

L’énorme tente blanche qui accueille les amateurs de livres est entourée d’autres tentes, plus petites, qui, elles, sont destinées aux rencontres et autres cafés littéraires.
Ici au moins, on ne mélange pas les genres.

chapiteau du Salon de Vannes

chapiteau du Salon de Vannes

Le temps est magnifique et, dès dix heures, la foule se presse. En deux jours on enregistrera 32.000 visiteurs, ce qui n’est pas rien !
Le repas des auteurs est servi au château de l’Hermine, tout proche, et, il faut le dire, le traiteur s’est surpassé. Tout est excellent, le personnel attentionné, les voisins sympathiques. Une petite sieste, toujours dans le camion, et je retourne à mon stand.

Château de l'Hermine, à 100 mètres du salon, où fut servi le repas des auteurs

Château de l'Hermine, à 100 mètres du salon, où fut servi le repas des auteurs


“Casa del Amor” se taille un franc succès et il me faut répondre encore et encore aux mêmes questions : “Quand viendra la suite de Mammig… Ai-je l’intention d’écrire encore des Mary Lester… Et les bouquins pour enfants ?”
Une vieille dame, très élégante, attend dans un fauteuil roulant. Il ne lui est pas facile d’approcher tant la foule est dense. Sa fille, qui la promène, relaye la question qu’elle voulait me poser : “Quand allez-vous faire du livre audio ?”
La vieille dame m’explique alors que sa vue ne lui permet plus de lire, pas même les ouvrages en gros caractères. Je lui signale donc que tous les Mary Lester sont enregistrés par la bibliothèque sonore de Quimper, et qu’elle peut se les procurer sur CD.
La voilà satisfaite : “c’est difficile de vivre sans lire”, dit-elle avec une moue qui en dit long sur sa frustration. Comme je vous comprends, madame !
J’espère que mes amis de la bibliothèque sonore pourront lui donner satisfaction.

Autre visite de marque, une équipe de gardiens de phares, désormais au chômage puisque l’automatisation des phares est chose faite. Ça marche tout seul, désormais. Ils en sont tout décontenancés, les gaillards. Et je puis vous assurer que ce sont des gaillards ! Le teint hâlé, les cheveux décolorés par les soleils, les vents, les pluies…  Ils m’expliquent que tous, bon an mal an, sauvaient une douzaine de naufragés chacun et les réconfortaient en attendant les secours. Pas sûr que l’automatisation puisse en faire autant. Pas sûr du tout, même !
Voilà, il est déjà dix neuf heures. Le salon ferme ses portes. Les écrivains sont invités à regagner les navettes qui les attendent pour les conduire à la gare maritime. De là, embarquement sur une vedette sur laquelle l’apéro leur sera servi en préambule au repas qui aura lieu sur l’île aux Moines, un des joyaux du golfe du Morbihan.
C’est le clou de la fête, LA  balade au milieu des personnalités. On pourra se faire photographier auprès de Benoîte Groult, Nelson Monfort, Edwy Plenel, Paul Lou Sulitzer et quelques autres.
Je me tiens soigneusement à l’écart et je laisse partir le navire. Je préfère dîner en tête à tête avec moi-même à une terrasse sur le port où l’animation est fort sympathique. Rassasié de sardines grillées, de bruits et de rires, je regagne l’île Conleau et sa zone de silence pour une seconde nuit aussi sereine que la première.

Le dimanche ressemble au samedi comme un frère. Emile et Josette sont venus me rendre visite. Ils m’avaient invité à séjourner chez eux le temps du salon et je les ai remerciés sans dire où j’avais dormi. Ils auraient pu être vexés que je préfère ma camionnette à un bon lit.
Emile et Josette ont respectivement 92 et 90 ans. Emile, toujours gaillard, toujours élégant - costume strict avec lavalière et Panama - mène une Josette pimpante, toute de rose vêtue, par le coude avec une autorité protectrice. Elle est - elle aussi - très soignée, très élégante et ses beaux yeux bruns pétillent de malice. Visiblement, ils sont toujours très amoureux. Il y a deux ans, ils sont venus en voiture me rendre visite à l’île-Tudy et depuis,  Emile, qui est un virtuose d’internet, m’écrit fréquemment et m’adresse des blagues de garnement par mail.

Le public est au rendez-vous...

Le public est au rendez-vous...


À dix sept heures je dois lever le siège : je n’ai plus de bouquins. J’en profite pour aller faire le tour des tentes où se donnent les conférences.
L’une d’elle déborde de monde. Je me demande quel illustre littérateur se livre à ses lecteurs. Las, c’est tout simplement un comédien qui tient dans “Plus belle la vie”, une série télévisée, le rôle d’un barman gay et qui a écrit quelque chose à ce propos (NDLR : Laurent Keruzore).
À quoi tient le succès…
Me voici sur le départ. Je rejoins le parking qui a été réservé aux auteurs, que des barrières mobiles séparent de la chaussée. Des bénévoles sont là, reconnaissables à leur chasuble jaune fluorescent et à leur casquette orange. Ce sont de jeunes gens fort sympathiques qui ont pour chef un monsieur plus âgé qui m’a, ce matin, accueilli fort courtoisement.
“Je vais enlever la barrière, dit-il, et vous guider pour sortir de cet emplacement.” Je le remercie, prends un livre dans ma voiture et le lui tends :
“Tenez, vous avez rendu service aux écrivains pendant ces deux jours, je suis sûr que personne n’a songé à vous offrir un livre”.
Il prend le bouquin et le regarde comme s’il n’en croyait pas ses yeux : “Merci !” souffle-t-il avec émotion. Et il ajoute : “Mais je n’ai rien à vous offrir, moi !”
Je le rassure en riant : “Je n’attends pas une contrepartie ! Vous nous avez été fort utile, et avec bonne humeur. C’est déjà beaucoup !”
Alors il prend dans un sac à dos qu’il porte sous sa chasuble un papier et me le tend : “Tenez, c’est pour vous !”
Je regarde, c’est un dépliant annonçant une exposition de peinture et je lis : “Olivier Mas ?” C’est moi, avoue-t-il. Voyez, je n’ai pas toujours été poseur de barrières… Il a un sourire triste. “À ma dernière expo, je n’ai rien vendu. Il faut bien vivre…”
Je regarde les reproductions. Ce sont des huiles de très bonne facture qui me font penser aux œuvres de Horace Vernet. Je le lui dis et je vois son œil bleu clair se mouiller. Il souffle : “Merci monsieur…”
Que dire ? Je lui serre chaleureusement la main en disant bêtement : “Allons, la chance tournera !” Et il redit, “Merci monsieur !”
Je démarre en lui adressant un signe de la main.
Quelle drôle d’époque ! Les barmen gay de la télé font florès, et les peintres de talent manœuvrent des barrières métalliques pour libérer les voitures des petits littérateurs que nous sommes.

Oui, quelle drôle d’époque !


Bien à vous,


J. Failler

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revue de presse sur Les Mange-Rêve et Tombmor de Jean-Luc Le Pogam

Mardi, juin 15th, 2010 | Jean-Luc Le Pogam et les Mange-Rêve, auteurs bretons, divers, revue de presse | Pas de commentaire

Voici les derniers articles de presse parus sur Jean-Luc Le Pogam et ses Mange-Rêve.
Le succès est encore et toujours au rendez-vous…
Ouest-France - 9 avril 2010

Ouest-France - 9 avril 2010

 

Le Courrier Vendéen - avril 2010

Le Courrier Vendéen - avril 2010

Plouc Magazine - avril 2010

Plouc Magazine - avril 2010

Le Télégramme dimanche - 9 mai 2010

Le Télégramme dimanche - 9 mai 2010

Ouest-France - 27 avril 2010 (annonce du Salon de Vannes)

Ouest-France - 27 avril 2010 (annonce du Salon de Vannes)

Le Télégramme - mai 2010

Le Télégramme - mai 2010

magazine Bretons - juin 2010

magazine Bretons - juin 2010

Armor Magazine - juin 2010

Armor Magazine - juin 2010

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Jean Failler au Salon de Noirmoutier : ses commentaires et photos !

Mardi, juin 15th, 2010 | divers | 2 commentaires

Jean Failler participait le week-end dernier au Salon du Livre de Mer de Noirmoutier, pour dédicacer sa dernière enquête de Mary Lester Casa del Amor, dont l’action se déroule sur l’île.

C’est avec grand plaisir qu’il s’est prêté au jeu des commentaires, et qu’il nous décrit son week-end…

Salon de Noirmoutier 2010.


Tout au bout de l’île, sur une dune face à l’Océan, une immense tente blanche accueille les écrivains et leurs visiteurs.
L’endroit est superbe, le temps est beau, presque trop beau. Sous la tente, on cuit, si bien qu’il faut l’ouvrir pour faire circuler l’air.
Chaque libraire a son écurie, je suis entre Françoise Xénakis et une vieille connaissance, l’amiral Merer que j’ai connu lors du salon “l’Ancre et la Plume”, alors qu’il était Préfet Maritime à Brest.
Cet homme jeune, qu’on prendrait pour un midship plutôt que pour un retraité de la Royale, est tout à fait passionnant. Laurent Merer est un littéraire et, comme il a vécu des expériences extraordinaires aux plus hautes responsabilités de son arme, on apprend toujours plein de choses en parlant avec lui. D’autant qu’il raconte bien.
Madame Xénakis, son petit chien sur les genoux, est très disponible pour ses nombreux admirateurs.
Nos hôtes sont Bénédicte et Vincent, deux jeunes et sympathiques “vrais” libraires dont la boutique, dans le vieux quartier de Noirmoutier, est un enchantement. Ils vous y servent outre d’excellents bouquins de non moins excellents gâteaux pour accompagner le thé ou le café.

Avec Bénédicte et Vincent, libraires à Noirmoutier (librairie Trait d'union) qui m'ont chaleureusement accueillis sur leur stand.

Avec Bénédicte et Vincent, libraires à Noirmoutier (librairie Trait d'Union) qui m'ont chaleureusement accueilli sur leur stand.

Voilà, le décor est planté (c’est le cas de le dire, puisqu’on est sous une tente). Reste à attendre le chaland. En fait de chaland, voici une troupe officielle qui s’avance, entourée de photographes et de caméramen.  Ces gentlemen en costumes sombres serrent les mains d’un air pénétré en se présentant avec componction : Tartempion, député, Untel, conseiller général, Dupont, maire, Durand, conseiller régional…
J’en oublie sûrement, car je passe sur cette piétaille de la démocratie que sont les adjoints aux maires, les conseillers municipaux, etc.
J’en oublie sûrement, mais j’espère qu’on ne m’en tiendra pas grief.
Cette armada de VIP, dont le vaisseau amiral est monsieur De Villiers, président de Région, entraîne dans son sillage une cohorte de jeunes attachés de ceci ou de cela, aux dents déjà longues, qui se bousculent volontiers pour figurer sur la photo qui paraîtra dans le quotidien régional demain.
Et puis c’est le temps des discours. La société de remerciements mutuels et réciproques entre en action.
Derrière moi, Gérard, qui fut un des bagnards de Vidocq à la télévision (reconverti dans le polar) soupire avec son inimitable accent parigot : “C’est parti pour deux plombes !”
Il ne se trompe pas beaucoup, Gérard. Pour chacun de ces politiques, c’est l’heure de gloire : le micro à la main, ils vont pouvoir ressasser les lieux communs que le précédent orateur a assénés et que le suivant répétera à l’envi, encore et encore.
Tout ceci nous parvient parfaitement incompréhensible, heureusement, dans un salmigondis abasourdissant.


Je sors prendre l’air pour récupérer un peu. Enfin, c’est l’apéritif d’honneur qui clôt, comme il se doit, cette cérémonie et l’armada se dirige vers les tables dressées dehors. Ouf, on va pouvoir, peut-être, s’entretenir avec nos lecteurs, ceux qui ont fait des kilomètres pour nous rencontrer.
On les attend de pied ferme, puis on les cherche, en vain…  L’horloge nous apprend qu’il est déjà douze heures trente, ce qui laisse à penser qu’en attendant de goûter aux nourritures spirituelles, les visiteurs font le plein de nourritures terrestres.
Comme je le fais d’ordinaire, je casse la croûte dans mon camion aménagé, face à la mer, puis je sacrifie à un petite sieste bien méritée. Quatre heures de route pour rejoindre Noirmoutier, c’est environ trois heures trente de plus que je puis supporter.
Lorsque je reviens, j’ai déjà des lecteurs qui m’attendent. Des dames, des messieurs qui me disent combien ils aiment ce que j’écris.  Voilà qui est bien réconfortant. On me pose des questions : Quand écrivez-vous, où trouvez vous votre inspiration, quand ferez-vous un roman qui se passe à Belle-Île,
à Ouessant, à Plougrescan ?… (liste non exhaustive)
Je réponds avec bonne humeur, je plaisante, je serre des mains, je fais la bise parfois, et parfois aussi je dois poser pour la photo.

Mais voilà que le micro couvre les conversations. À l’autre extrémité de la tente, il y a un espace aménagé pour les conférences et, dans une (peu) louable intention, les organisateurs ont sonorisé tout l’espace, si bien que l’on ne s’entend plus. Chacun s’efforce de hausser le ton pour se faire comprendre, en vain ! C’est épuisant.
Une jeune et charmante journaliste qui voulait m’interviewer renonce : “Je vous poserai les questions par mail, ici c’est impossible”.
Elle a tout à fait raison. J’ai la nostalgie de l’atmosphère feutrée du feu salon des Écrivains Bretons, dans les écuries du château de Trévarez (NDLR : en centre-Finistère) où,
sur un fond de musique classique, on pouvait échanger avec bonheur de menus propos avec les lecteurs qui nous faisaient l’honneur de leur présence.
Une conférence s’achève, on va pouvoir avoir une plage de (relatif) silence… Las ! Voilà que les binious bombardent, comme dirait Jaouen. Invité en terre vendéenne, le bagad de Quimper donne aubade sur aubade. Pas feignants, mes concitoyens, ils n’ont pas fait le voyage pour rien !  Avec eux les
amateurs de décibels en ont pour leur argent. On se croirait au Festival de Cornouaille. Et ils jouent bien, les bougres, on le sait depuis  longtemps…  Bien et fort…


La tente se vide, les écrivains se regardent, navrés.
Quand les organisateurs de salons dits littéraires comprendront-ils qu’on ne peut pas mélanger tous les genres, si bons soient-ils ?
Epuisé par cette première journée, je retrouve avec bonheur la charmante petite chambre que les organisateurs m’ont réservée à Noirmoutier en l’île.
Dormir enfin !
Pas de chance, c’est la coupe du monde de foot. Mon voisin de chambre est un fan. Comme je regarde aussi, ça ne me gêne pas. Lorsque le match est terminé, j’éteins. Pas le voisin. Jusqu’à minuit, j’ai l’impression d’avoir Raymond Domenech au pied de mon lit. On cauchemarderait pour moins que ça.
Je tape au mur, je retape au mur à m’en meurtrir le poing… Enfin, ça se termine.
Il est minuit. Je suis trop énervé pour m’endormir de suite. J’ai échangé le spikeur contre le ronfleur. Le voisin fait vibrer les murs.
Je finis tout de même par m’endormir jusqu’à ce que je sois réveillé en sursaut. Le salaud, il a rallumé la télé ! Je regarde ma montre, il est 5 h 30. Ça va durer jusqu’à sept heures.
Au petit déjeuner, je me plains au patron de l’hôtel qui va dire deux mots à cet homme bruyant. Celui-ci s’étonne : comment ? Il n’a même pas allumé sa télé ! Comme nous ne sommes qu’à deux dans l’hôtel, j’ai dû rêver. Je maîtrise, mais si ce soir il remet ça, je l’assomme !
Il n’a pas remis ça. Du moins jusqu’à huit heures… Et il paraît que c’est un homme de lettres ! Je croyais qu’un homme de lettres se mettait au lit avec un bon bouquin et que le sommeil venait le chercher paisiblement. Comme on peut se tromper, n’est-ce pas ? À la réflexion, ça doit plutôt être un spécialiste  des Chiffres et des Lettres.


La seconde journée ressemble à la première, avec d’autres rencontres heureuses. Je vous en donne deux…
Une charmante dame vient me serrer la main avec effusions : “Ah, je vous remercie, vous avez parlé de moi dans votre roman”.
Je m’étonne : comment aurais-je pu parler d’une personne que je ne connais pas ?
Elle s’explique : elle tenait, sur la plage des dames à Noirmoutier, la petite boutique de plage que j’ai décrite dans les premières pages de mon livre. Elle en est toute émue. Je pose, sur la photo, entouré de monsieur et madame. Ils me l’enverront par internet, c’est promis. Et si je repasse par la plage des dames, il faut que j’aille les voir. Bien qu’ils soient maintenant en retraite, ils habitent toujours là. C’est promis aussi.

Monsieur et madame Freslon qui ont créé la boutique "Grain de sable" sur la plage des Dames au bois de la Chaize à Noirmoutier.

Monsieur et madame Freslon qui ont créé la boutique "Grain de sable"sur la plage des Dames au bois de la Chaize à Noirmoutier.

Et puis la seconde rencontre marquante : un grand gaillard d’une bonne soixantaine d’années vient me dire combien Mary Lester l’a accompagné dans sa vie professionnelle. Il travaillait dans une compagnie pétrolière et il a baroudé à la recherche de l’or noir dans tous les coins du monde : de l’Alasaka à la Zambie, en passant par le détroit de Behring et le pôle sud. Et puis, le voilà en retraite, il rentre au logis, sur la côte Nord de Bretagne et là, surprise, sa femme qui ne l’a jamais vu plus d’un mois par an, le trouve trop encombrant. Et hop, le voilà viré ! Heureusement, il a une petite résidence secondaire sur l’île de Noirmoutier. Alors il s’y réfugie et là, il trouve une lettre qui vient d’arriver : une de ses amie d’enfance, qu’il avait perdue de vue depuis quarante et des années, lui annonce qu’elle a dû quitter un mari brutal et qu’elle se trouve à la rue. Il prend son téléphone et ne dit qu’un mot : “Viens !”
Elle est là, toute timide dans son ombre de géant, toute blonde, tout de blanc vêtue, coquette, élégante… Elle a des yeux extraordinaires, d’un bleu tout délavé, des yeux qui ont trop pleuré sans doute. Mais maintenant, ils sont pleins d’étoiles et quand ils se regardent, leur bonheur irradie.
Y a-t-il quelque chose à rajouter ? Même si elle en est prodigue, la vie ne fait pas que des vacheries. Elle fait aussi, heureusement, parfois de beaux cadeaux.
Pour moi aussi de telles rencontres sont de beaux cadeaux. Et il y en a eu d’autres, plus discrètes mais tout aussi charmantes. On a échangé des cartes, on s’enverra des mails et, qui sait, sur un autre salon… Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.

La dame organisatrice passe, affairée. Elle s’inquiète :

— Il n’y a pas beaucoup de monde ! Pourtant, on a bien fait les choses.
— Oui, lui dis-je, vous avez parfaitement fait les choses, mais vous avez oublié l’essentiel.
— L’essentiel ? Que voulez-vous dire ?
— Le parking, madame !
— Le parking ? Vous n’avez pas trouvé à vous garer ? Il y a pourtant un fléchage…
— Il ne s’agit pas de moi, je suis parfaitement servi de ce côté, mais des visiteurs.
Elle me regarde, interdite :

— Les visiteurs ?

Elle semble dire : s’il faut aussi se préoccuper des visiteurs !

— Il est impossible de garer une voiture dans un rayon de trois kilomètres. Si vous croyez que les gens vont les faire à pied ces trois kilomètres…
Elle ne me répond pas.
Eh oui, chère dame, la règle intangible du commerce moderne dit (qu’on m’excuse de l’écrire en anglois) “No parking, no business…” (Ce qu’il faut être terre à terre, parfois !)
Je la laisse nager dans un océan de perplexité.


Voilà, le temps est venu des adieux à mes voisins, mes voisines, à nos charmants libraires.
J’ai grande hâte de retrouver mon petit bureau dans ma petite île.
Dimanche, on remet ça, à Vannes, cette fois…


Bien à vous,

Jean Failler.

Madame Nadine Chantreau qui m'a si bien documenté sur "son" île

Madame Nadine Chantreau, qui m'a si bien documenté sur "son" île, accompagnée de mon épouse Marcelle.

chronique de Tombmor sur le site Encres Vagabondes

Mercredi, juin 9th, 2010 | Jean-Luc Le Pogam et les Mange-Rêve, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons, revue de presse | Pas de commentaire

Comme les 2 premiers volets de la série, le double-tome Tombmor de Jean-Luc Le Pogam suscite beaucoup d’intérêt auprès des médias et sites spécialisés…

Cliquez ici pour découvrir l’article consacré à l’ouvrage sur le site Encres Vagabondes…


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1er chapitre de la 35e enquête de Mary Lester “Casa del Amor”

Lundi, mai 3rd, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons, divers | 10 commentaires

J-12 avant la sortie de Casa del Amor, la nouvelle enquête de Mary Lester qui paraîtra le 15 mai prochain…

Vous pouvez dès à présent réserver l’ouvrage en librairie et sur www.palemon.fr (et demander la dédicace de l’auteur !)

Histoire de vous donner l’eau à la bouche, voici le 1er chapitre (téléchargeable au format Pdf)… Alors, execllente lecture, et n’hésitez pas à nous laisser vos commentaires !


Téléchargez au format Pdf le 1er chapitre de Casa del amor


Chapitre 1

« On est déjà venues par là, n’est-ce pas ma grenouille ? »
Mary Lester tapota le volant de sa vaillante petite Twingo qui allait bon train sur la route de Saint-Nazaire, traversant les friches industrielles qui subsistaient en bord de Loire.
Le grand pont apparut dans le lointain, mince et sinueux comme un ruban de paquet cadeau géant, abandonné au-dessus du large estuaire.
Vu de loin, on se demandait comment les voitures pouvaient rouler là-dessus, mais au fur et à mesure qu’on s’en rapprochait, on se rendait compte que c’était une véritable autoroute qui enjambait les flots jaunes de la Loire.
Mary eut juste le temps d’apercevoir, en contrebas sur la droite, le taudis où avait vécu le sinistre Armanjéo, l’assassin du juge Ménaudoux*.
Le lierre avait encore gagné et son épais manteau vert couvrait maintenant presque toute la toiture de fibro-ciment.
Elle frémit en repensant à Armanjéo, la brute intégrale, qui avait pulvérisé une voiture de police à la hache avant qu’elle ne lui vide le chargeur de son revolver dans les jambes pour réussir enfin à l’arrêter.
Où était-il maintenant ? Il devait avoir fini son temps de prison et, bien qu’il y eût peu de risques pour qu’elle se retrouve nez à nez avec lui, le savoir dans la nature lui donnait des petits picotements le long de la colonne vertébrale.
La pente était raide, elle dut descendre une vitesse pour arriver au premier portique qui pointait vers le ciel tout au sommet de l’ouvrage d’art. La petite voiture hoquetait, semblant trouver la pente particulièrement ardue, si bien que Mary dut rétrograder une nouvelle fois avant d’atteindre le sommet du pont.
— Ben dis donc, ma vieille, on n’a plus ses roues de vingt ans !
Il lui arrivait ainsi de parler à sa voiture lorsqu’elle voyageait seule. La petite voiture offerte « spontanément » par la Marine nationale après la destruction de son Austin par les commandos de marine* lui avait fait un long usage.
Celle-ci reprit de la vitesse en entamant la descente qui la menait de l’autre côté de la Loire et Mary continua de l’encourager :
— C’est bien, ma grenouille, c’est bien !
Elle songea que jamais la grenouille, comme elle disait, ne l’avait laissée en panne. Toujours pleine de bonne volonté malgré plus de deux cent mille kilomètres au compteur. Il faudrait pourtant, un de ces jours, songer à lui trouver une remplaçante car les voitures, même de bonne volonté, ne sont pas éternelles.
Mary n’était pas pressée. Tant que la « grenouille » roulerait sans avatar, elle la conserverait. Il s’était noué entre elle et son véhicule un curieux lien affectif que la plupart des gens auraient trouvé ridicule (comme ils auraient trouvé ridicule de l’entendre lui parler). Mais c’était ainsi. Elle avait l’âme conservatrice et il en était de même avec de vieux vêtements qu’elle trouvait confortables et qu’elle hésitait à jeter.
Tant que ça roulerait…
Du haut du pont, on avait l’impression de survoler l’estuaire, si bien que les montagnes de sable entassées par les gravières de Loire sur les berges ne paraissaient pas plus grosses que les pâtés que font les petits enfants sur les plages en été.
Vers le sud, le Marais breton s’étendait à perte de vue, gris et vert, avec des coulées d’eau qui brillaient au soleil. Car il faisait soleil, contrairement à la dernière fois où elle était arrivée à Saint-Nazaire avec sa Twingo toute neuve, sous un déluge invraisemblable.
Pourquoi appelait-on « Marais breton » ces terres qui, géographiquement parlant, étaient plus vendéennes que bretonnes ? Marais, d’accord, l’eau semblait sourdre de toutes parts et, avant que cette route qui filait droit vers l’horizon eût été tracée, il devait être périlleux de s’aventurer dans ce paysage.
Les armées républicaines, au temps de la chouannerie, en avaient su quelque chose et s’en étaient vengées avec une férocité sans nom. Mais breton… Pourquoi breton ? Qu’avait-il de breton, ce marais ?
Dans leur volonté de retrouver la Bretagne de leurs ancêtres et ses cinq départements, les Bretons seraient-ils tentés d’annexer également le sud de la Loire ?
Bonne question, dont Mary Lester ignorait la réponse. Elle n’était pas tenue d’élucider ce mystère et le temps des guerres de conquête n’était plus au goût du jour.
La veille, le commissaire Fabien l’avait convoquée dans son bureau et, après les civilités d’usage, l’avait contemplée sans mot dire, un demi-sourire aux lèvres.
Elle lui avait rendu son regard ironique :
— Sur quel coup tordu projetez-vous de m’expédier cette fois, Monsieur ?
Le commissaire n’avait pu retenir un petit mouvement de tête en arrière accompagné d’un pincement des lèvres et Mary, très contente d’elle-même, avait pensé : « Touché, Monsieur le commissaire ! »
Il avait protesté :
— Qu’est-ce qui vous laisse penser qu’il s’agit d’un coup tordu ?
Elle lui avait montré son auriculaire ostensiblement braqué vers son oreille :
— Mon petit doigt. Quand vous me convoquez comme ça, au débotté, c’est qu’il y a anguille sous roche.
Comme il ne pipait mot, se contentant de la regarder en souriant, elle avait demandé :
— Alors, où est-ce que ça se passe ?
Le commissaire Fabien avait essayé de reprendre la main :
— Devinez !
Elle répondit d’un ton badin :
— Je préfère l’entendre de votre bouche, patron.
Content de sa petite victoire, le divisionnaire Fabien avait croisé les doigts sur sa brioche et avait incliné la tête en fermant à moitié l’œil gauche, un tic qu’il avait conservé de l’époque où il avait en permanence une Benson à bout liège entre les dents. Une sérieuse alerte de santé l’avait contraint à renoncer aux délices du tabac, mais aux mouvements nerveux de ses doigts cherchant quelque chose à serrer, on devinait qu’il en faudrait peu pour qu’il replonge.
— Ah ah, on ne se mouille pas, capitaine. Pas envie de parier, cette fois ?
Elle avait répondu vertueusement :
— Il ne faut jamais parier avec ses supérieurs, Monsieur, quand ils perdent, ça les met de mauvaise humeur.
— Cette fois, dit le commissaire avec assurance, je ne risque rien.
Mary avait fait la moue :
— Alors ce n’est pas un marché honnête et ça m’étonne de vous, patron. Mon père prétend qu’il a connu, lorsqu’il faisait son service militaire, un officier qui affirmait : « Je ne parie que quand je suis sûr de gagner. Quand je ne suis pas sûr, je donne ma parole d’honneur ».
— Belle mentalité, fit Fabien amusé.
Et Mary précisa :
— Ce n’était qu’une boutade.
— Allez savoir, avec les militaires, soupira Fabien. Puis il avait laissé tomber :
— La Vendée.
Mary ne répondant pas, il précisa :
— L’île de Noirmoutier, pour être exact…
Elle demanda :
— Et que se passe-t-il sur l’île de Noirmoutier ?
— Un empoisonnement…
— Mortel ?
— Qui aurait pu l’être…
— Quelqu’un d’important ?
— Si on veut.
Il soupira :
— La dame de compagnie de la belle-mère d’un notable.
— Holà ! fit-elle.
— Ça vous effraie ?
— Oui. Les cinglés qui tuent de cette manière m’effraient. Un coup de flingue, de hache ou de binette sous le choc d’une déception, d’une colère, d’une passion trahie je peux comprendre, mais verser du poison dans la soupe d’un proche et le regarder crever à petit feu, ça c’est vraiment horrible.
— Ouais, dit le commissaire.
Pensait-il à son épouse qui l’accablait de granules, pilules, et autres potions ? Elle se garderait bien de poser la question.
— Et qu’est-ce qui vous amène à m’expédier en Vendée ?
— Vos mauvaises relations…
Mary Lester réprima un sourire, elle allait pouvoir contrarier son supérieur.
— Je suppose que vous voulez parler du conseiller Mervent…
Le visage de Fabien se rembrunit.
— En effet.
Elle ironisa :
— Il serait ravi d’apprendre que vous le classez dans les « mauvaises relations ». C’est le chef de cabinet et le premier conseiller du ministre de l’Intérieur, tout de même !
Cette fois Fabien ne rigolait plus du tout. Ce Mervent* était un intrigant, mais on le disait très influent auprès d’un ministre de l’Intérieur qui se voulait efficace sans avoir la moindre compétence pour l’être (Mervent, pour tout dire, n’en avait guère plus).
Mary enfonça le clou :
— Figurez-vous qu’il m’a téléphoné juste avant que j’arrive au commissariat.
Fabien balbutia :
— Parce qu’il a…
— Mon numéro de portable ? Mais oui ! D’ailleurs moi aussi j’ai le sien. Il me téléphone de temps en temps.
— Il vous…
— Il me téléphone, oui.
— Mais pourquoi ?
— Pour me demander, quand ses compétences faiblissent, mon avis sur tel ou tel problème de police.
Elle ajouta négligemment :
— Nous avons gardé d’excellentes relations.
Fabien persifla :
— En somme vous voilà conseillère du conseiller !
Elle minimisa son rôle :
— Faut pas exagérer, patron, il me demande juste quelques petits tuyaux.
— Vous saviez donc que vous deviez aller à Noirmoutier ?
Elle prit son air le plus candide et laissa tomber : « oui ».
Le commissaire Fabien parut fâché :
— Et vous me laissez exposer des choses que vous connaissez mieux que moi !
— Oui, mais comme je suis honnête, je n’ai pas parié !
Fabien grommela :
— Il n’aurait plus manqué que ça !
— J’aurais pu, ajouta-t-elle, gager quelque chose de gros… Un dîner à Rosmadec, par exemple.
Le commissaire était toujours débiteur de ce dîner qu’il avait promis à Mary dans un moment d’euphorie à la fin d’un repas mémorable au café du port à l’Île-Tudy*. C’était devenu l’Arlésienne, le commissaire redoutait que sa moitié apprenne qu’il invitait son enquêtrice préférée dans ce haut lieu de la gastronomie bretonne.
Et, lorsqu’elle voulait taquiner le patron, elle n’avait qu’à prononcer ce nom « Rosmadec » pour le plonger dans l’embarras.
Et là, il était plus qu’embarrassé. Il fit mine de ne pas entendre et graillonna à deux ou trois reprises : « hum… hum… ». Puis il demanda :
— Je suppose que vous acceptez cette mission ?
Elle assura :
— Je suis à vos ordres, patron.
Il persifla :
— Rien ne me dit que s’il s’était agi d’une enquête en banlieue au mois de novembre, vous auriez manifesté la même docilité.
— Ce n’est pas pareil, assura-t-elle, je n’ai aucune compétence pour aller me fourrer dans des zones de non-droit… Tandis que dans une île… au bord de la mer… Au mois de septembre…
Fabien avait bougonné :
— Non-droit… Non-droit… Qu’est-ce que ça veut dire, non-droit ?
— Vous le savez aussi bien que moi !
Ce qu’elle pouvait l’agacer !
— Bien, vous partez quand ?
— Demain matin.
Il soupira :
— Je n’ai malheureusement pas d’élément à vous donner…
Elle se leva :
— Ce n’est pas grave, patron, Ludo m’a téléphoné pour m’expliquer en gros ce dont il s’agissait.
Fabien avait une nouvelle fois froncé les sourcils :
— Ludo ?
— Oui, le conseiller Ludovic Mervent si vous préférez.
Le visage du patron s’était soudain empourpré, mais l’explosion qu’elle attendait ne vint pas. Elle admira in petto : « Quelle maîtrise de soi ! »
Néanmoins sa voix était pleine de colère contenue. Il articula :
— Je ne préfère pas ! Ça y est, vous en êtes à vous appeler par vos prénoms à présent ?
Elle leva les mains comme pour s’excuser :
— C’est lui qui a commencé, depuis quelque temps il m’appelle Mary, alors…
— Alors vous l’appelez Ludo ?
— Ben oui !
— Et moi alors, vous m’appelez comment ?
— Eh bien… Patron.
— Oui, mais quand je ne suis pas là ?
— Quand vous n’êtes pas là, je ne vous appelle pas, dit-elle avec une fausse candeur.
Le commissaire respira fort et dit, presque trop calmement :
— Je veux dire en mon absence, quand vous parlez de moi avec ce grand dépendeur d’andouilles de Fortin, vous m’appelez comment ? Lulu ?
Elle faillit pouffer :
— Oh, patron !
— Pourquoi pas ? Je vous appelle bien Mary, moi aussi !
Elle réfléchit et dit :
— C’est une idée. Je n’y avais jamais pensé, mais puisque vous me le suggérez… Quoique, ça ferait un peu familier tout de même. Vous imaginez, si vous m’invitez à Rosmadec avec madame Fabien et que je laisse tomber : « Lulu, voulez-vous me passer la moutarde ? »
Cette perspective sembla fâcher le commissaire si bien qu’il parut à nouveau sur le point d’exploser.
— Pff ! fit-il exaspéré. Fichez-moi le camp !
Elle se leva, gagna la porte et, la main sur la poignée, elle tenta de le rassurer :
— Je plaisantais, patron.
— Humph ! fit Fabien qui n’en était pas tout à fait persuadé. Enfin, tenez-moi au courant, capitaine Lester ! Je suppose que vous ne manquerez pas de faire appel aux services du lieutenant Fortin ?
— Si besoin est, patron, cependant je ne crois pas avoir à le déranger.
— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
— C’est une affaire d’empoisonnement, patron, donc a priori un crime de femme… Si toutefois il y a crime, bien entendu.
— Bien entendu, fit Fabien en écho. Il n’y a d’ailleurs pas eu crime, puisque la victime n’est pas morte.
Elle suggéra :
— Ça sera peut-être pour la prochaine fois.
— C’est ça, ricana Fabien, le criminel attend que la célèbre enquêtrice Mary Lester soit sur place pour passer aux choses sérieuses.
Il redit, mais moins agressivement :
— Fichez-moi le camp, jeune fille !
Elle ferma doucement la porte en riant, et fila venelle du Pain-Cuit préparer ses bagages.

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1er chapitre du 4e volume des Énigmes à Bourvillec “Le magot de Mado”

Lundi, mai 3rd, 2010 | Jean-Paul Birrien et Énigmes à Bourvillec, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons | Pas de commentaire

Vous êtes très nombreux à attendre avec impatience la sortie du prochain roman de Jean-Paul Birrien…

Et bien c’est pour dans 12 jours !

Le 15 mai paraîtra Le magot de Mado, un 4e volume désopilant dont les personnages attachants vous embarqueront avec eux à Bourvillec.

Vous pouvez dès à présent réserver cet ouvrage en librairie ou sur notre site www.palemon.fr.

En attendant la sortie, pour vous faire patienter, voici l’intégralité du 1er chapitre (téléchargeable au format Pdf)… Excellente lecture !






Télécharger le 1er chapitre du Magot de Mado au format Pdf


Chapitre 1

Jeudi 9  mars 1972

— T’as des nouvelles de ton héritage, Mado ?
— Pftttt ! Je crois bien que cette maison ne sera jamais vendue ! En plus, le notaire m’a envoyé des impôts à payer… Si ça continue, ça coûtera plus cher que ça vaut.
La brune un peu forte qui répondait au prénom de Mado peignait avec application ses ongles en rouge.
— Comment il s’appelle déjà, ton bled ? Trouvillec, c’est ça ?
— Mais non, Max, Bourvillec ! Bour-vil-lec ! Je te l’ai déjà dit cent fois, dit-elle en levant le bras, doigts tendus, pour juger du résultat.
— Combien tu avais touché ?
— Je sais plus exactement… Un peu plus d’vingt mille, j’crois.
Elle souffla sur ses ongles et agita les deux mains pour accélérer le séchage.
— Il en reste ?
— Pas beaucoup.
— Tu pourrais faire ça en deux mois, si tu voulais, fit Max en s’appuyant au dossier du canapé.
— Tu ne vas pas recommencer avec ça, dit Mado en lui jetant un regard noir.
— Ce que tu peux être vieux jeu ! Tu vois bien que je plaisante !
— C’est déjà pas mal ce que je fais pour toi !
— Bien sûr ! Mais tu m’avais promis d’essayer… Au moins une fois, pour faire une expérience… On s’aimera encore plus fort après, tu verras…
— Tu sais très bien que j’avais bu, quand j’ai dit ça.
— D’accord, d’accord, dit Max en allumant une cigarette.
Il portait un blouson d’aviateur en cuir, doublé de peau de mouton, et un jean serré sur ses cuisses musclées. Ses cheveux noirs couvraient ses oreilles et tombaient dans son cou. Quand il souriait, ses dents blanches et le blanc de ses yeux légèrement bridés, luisaient dans son beau visage au teint sombre, trahissant ses origines gitanes. Ses mains surtout attiraient l’attention. Elles étaient fines et soignées, mais puissantes avec des doigts très longs.
— Et toi, qu’est-ce que tu comptes faire ? demanda Mado en refermant soigneusement la petite bouteille de vernis.
— Je sais pas encore, mais ça va venir, répondit Max, le visage fermé.
— Tu m’avais promis autre chose…
— Je sais… Je sais… J’ai un truc en vue… Cette fois c’est du sérieux, se dépêcha-t-il d’ajouter devant la moue interrogative de Mado.
— C’est vrai, Max ? Tu ne déconnes pas ?
— Puisque je te le dis.
— On mènera la grande vie comme avant ?
— Pas encore, mais bientôt tu seras la reine, Mado, c’est Max qui te le dit.
— Oh, Max, s’écria-t-elle en se laissant choir sur ses genoux, et en l’entourant de ses bras.
— Et doucement, fais gaffe à ma clope.
— Oh ça va, dit Mado vexée, en se relevant d’un bond. De toute façon il faut que tu partes, j’attends quelqu’un.
— Ah oui, c’est vrai, j’oubliais… Je suis dans le salon de coiffure.
— C’est ça, moque-toi. Ça met du beurre dans les épinards et tu es bien content d’avoir de l’argent de poche !
— T’es une vraie bonne sœur, Mado. Tu devrais être remboursée par la sécurité sociale.
— Allez dégage, dit-elle en lui passant les bras autour du cou pour l’embrasser. J’en ai au moins jusqu’à dix heures.
Elle attendit que Max soit sorti pour vider le cendrier et remettre de l’ordre dans l’appartement. Elle s’attarda quelques minutes dans la salle de bain, et revint se camper entièrement nue devant la grande glace de la salle. Elle lissa les deux longues anglaises qui encadraient son visage, et agita ses doigts dans ses cheveux pour leur redonner du volume. À vingt et un ans ses seins restaient fermes mais elle les aurait préférés plus petits et plus hauts. La courbe de ses hanches s’était un peu trop arrondie à son goût. Elle se retourna et pinça d’un air dépité ses fesses dodues qui commençaient à se ramollir. Elle trouvait ses jambes trop fortes et les aurait souhaitées plus fines. Enfin, du moment que tout cela plaisait à Max, c’était le principal. Jamais elle n’aurait cru qu’un type aussi beau que lui, puisse s’intéresser à elle.
Elle choisit des dessous dans un tiroir de la commode, et enfila par-dessus une blouse rose qu’elle boutonna de bas en haut. Elle serra la ceinture autour de sa taille, et glissa sans se baisser, ses pieds dans des escarpins vermillon à hauts talons.
Aide-coiffeuse dans un grand salon de la rue du Faubourg Saint-Honoré, Mado arrondissait ses fins de mois en travaillant au noir dans son appartement. Elle avait commencé en rendant service à la concierge, qui depuis lui envoyait ses amies. Le bruit s’était ensuite répandu dans le quartier, et aujourd’hui, sa petite clientèle lui prenait deux soirées par semaine. Ça mettait du beurre dans les épinards.
Elle tira le fauteuil jusqu’à l’entrée de la salle de bain, accrocha la cuvette arrière et s’accroupit pour placer le repose-pieds. Quand elle avait rencontré Max, ça marchait plutôt bien pour lui. Il l’avait draguée dans un grand magasin. C‘était un beau mec, toujours bien sapé, le plus beau qui se soit jamais intéressé à elle. Il approchait de la quarantaine, mais ne les faisait pas. Il passait la prendre au salon avec une grosse voiture. Elle le rejoignait sous le regard envieux des copines. Il l’invitait dans les meilleurs restaurants, et la sortait dans les boîtes les plus chères. Jamais elle n’aurait pensé qu’un type comme lui puisse s’intéresser à une fille comme elle. Elle n’avait jamais eu l’occasion d’être vraiment amoureuse, alors c’était comme une première fois. Cela avait duré trois semaines, les plus belles de sa vie. Et puis Max s’était retrouvé en prison pour trois mois, à cause d’une histoire très compliquée d’objets volés, où d’après lui il n’était vraiment pour rien. Une stupide erreur de la police ! Surprise et déçue, elle avait décidé de faire front et de ne pas le laisser tomber. Cachant la vérité à tout le monde, la fidèle Mado lui avait rendu visite une fois par semaine. À sa sortie, Max se retrouvait nu comme un ver. Même la voiture ne lui appartenait pas. Il ne lui restait rien, et il ne savait pas où aller. Mado l’avait alors accueilli chez elle, dans son petit appartement, toute heureuse de lui venir en aide, et de l’avoir tout à elle.
Mais Max avait changé. Cela faisait maintenant un mois qu’ils vivaient ensemble, et il se montrait irritable et nerveux. Elle essayait de ne pas l’agacer, et d’attendre calmement qu’il retrouve une place, en espérant que ça ne durerait pas trop longtemps, car ses économies fondaient à vue d’œil. Elle n’osait pas lui refuser de l’argent, et il en dépensait pas mal. Sans l’héritage providentiel de sa vieille tante de Bretagne, elle n’aurait pas pu l’aider ainsi. Mais bientôt son livret de caisse d’épargne serait épuisé, et il ne lui resterait plus rien. À moins que la maison, qui comportait un magasin et un appartement, ne soit vendue. Mais d’après le notaire, il ne serait pas facile de trouver un acheteur.
Elle brancha le tuyau de la douchette sur le robinet de la salle de bain, et rapprocha la tablette à tiroirs du fauteuil. Ce soir elle commençait par madame Perrin, la boulangère du coin de la rue, qui venait pour une coloration. Elle sortit le nécessaire de son coffret à coiffure. Max assurait que cela ne durerait pas, et qu’il allait se refaire. Il lui promettait monts et merveilles, mais elle ne voyait toujours rien venir. Elle s’inquiétait de le voir traîner dehors toute la journée, et rentrer le soir pour s’installer devant la télé. La semaine dernière, après un repas bien arrosé chez un couple d’amis à lui, alors que la conversation déviait sur les différents moyens de se faire de l’argent rapidement, l’autre femme avait avoué sans aucune gêne pratiquer régulièrement des rencontres tarifées. Mado, un peu éméchée, avait assuré qu’elle aussi en serait capable s’il le fallait. Depuis cette soirée, Max n’arrêtait pas d’en parler et ça la gênait de le voir insister comme ça.
C’était dans sa nature d’être une brave fille, mais il ne fallait quand même pas exagérer. Le fait d’habiter ensemble changeait beaucoup la donne. Max perdait de sa superbe, et elle n’était plus aussi amoureuse qu’au début. Et surtout, elle commençait à douter des sentiments qu’il éprouvait pour elle. Elle craignait qu’il s’en aille. Alors elle priait le ciel et elle brûlait des cierges à Notre Dame de Lorette pour que ça s’arrange et qu’il l’aime comme au début. Deux cierges la semaine dernière ! Mais dans ce genre d’affaires, le Bon Dieu est le seul à connaitre la vérité, et il n’est pas très bavard.
La sonnette retentit. Mado rectifia la position du fauteuil, orienta la lampe et rapprocha la glace. Elle promena autour d’elle un regard satisfait, et se dirigea vers la porte, pour accueillir sa première cliente de la soirée.

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Interview de Jean-Luc Le Pogam dans Ouest-France pour la sortie de Tombmor

Mercredi, mars 24th, 2010 | Jean-Luc Le Pogam et les Mange-Rêve, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons, divers, revue de presse | Pas de commentaire

Ouest-France - 24 mars 2010

Ouest-France - 24 mars 2010

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Sortie de Tombmor, 3e et 4e tomes des MANGE-REVE de Jean-Luc Le Pogam

Mardi, mars 23rd, 2010 | Jean-Luc Le Pogam et les Mange-Rêve, actualité littéraire bretonne, auteurs bretons | Pas de commentaire

Ouvrage en 2 volumes - 288 pages chacun - format poche 11 x 18 cm - Éditions du Palémon - sortie le 15 mars 2010 - 16 € les 2 tomes






Avis de grand frais :


Après « Le Grand Dérèglement » et « La route du nord » parus en 2008, Les Mange-Rêve débarquent le 15 mars pour un troisième volet aussi passionnant qu’attendu !

2024. Les ordinateurs ont cerclé l’Europe d’un mur électromagnétique infranchissable, y programmant des hivers de neuf mois à -50°.
Pourchassés puis déportés par des hordes de Mange-rêve au service d’un gouvernement ultra sécuritaire, les artistes doivent faire place nette. Le Président Bogdich a planifié l’éradication du Rêve.
C’est au cœur du chaos qu’Iwan, Thibault et Mélanie parviennent par le plus grand des hasards à Taÿfa, nid de rebelles situé à quelques encablures de leur destination finale : la forteresse de Tombmor.
Ce qui les y attend dépasse l’imagination…

Ce troisième volet de la série est assurément le plus abouti. L’auteur, qui a également coécrit « Monnaie de singe » aux côtés de Jean FAILLER, se projette dans un proche futur qu’il aborde sans catastrophisme. Mais il parie qu’après l’immobilisme et le manque de vigilance des parents d’aujourd’hui viendra dans quelques années l’heure des comptes. Ce sera aux enfants de payer l’addition.
Le poids de son héritage sur le dos, cette jeunesse-là devra prouver qu’on a eu tort de l’ignorer, voire de la mépriser si souvent et relèvera sans doute le défi… Au nom du Rêve à venir.

Nouvelles technologies, rebondissements incessants, rendez-vous avec l’Histoire ; l’actualité, le voyage, la voile, la Liberté, les Résistances ; réflexion sur l’amitié, les rapports intergénérationnels et familiaux, le dérèglement climatique et ses conséquences, les alternatives écologiques et économiques envisageables, la vigilance, l’angoisse, la rigolade et l’imaginaire… Voilà les ingrédients de cette expédition au cœur d’une Europe et plus particulièrement d’une Bretagne en glaciation, destinée à la fois aux ados et adultes de tous âges.

Jean-Luc Le Pogam dédicace ses ouvrages sur divers salons et dans de nombreuses librairies, ambiance garantie ! Il intervient également dans les écoles, collèges et lycées pour des rencontres et des ateliers d’écriture avec les jeunes.

Dates et actualité sur Facebook et Myspace.
Les Mange-Rêve sont en vente en librairies, grandes surfaces, et sur www.palemon.fr.

Téléchargez le dossier de presse en PDF : dossier-de-presse-mange-reve-3

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En avant-première : la couverture de la 35e enquête de Mary Lester (parution en mai 2010)

Mercredi, mars 3rd, 2010 | Jean Failler et Mary Lester, actualité littéraire bretonne, divers | Pas de commentaire

Eh oui, ça y est, le voile est levé !

Nous connaissons maintenant le titre de la prochaine enquête de Mary Lester, que vous êtes nombreux à attendre avec impatience, ainsi que la destination de Mary pour cette nouvelle mission…

Alors, voici la couverture :

Cliquer sur la couverture pour zoomer

Qui reconnaît l’endroit ?

Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de s’y rendre et ne trouvent donc pas la réponse, cette photo a été prise à Noirmoutier, plus précisément sur le Passage du Goix, passage qui à marée haute est recouvert, faisant de Noirmoutier une île.

La “tour” qui figure sur la photo est en réalité un abri utilisé par les malheureux qui se laissent surprendre par la marée…

Mais vous en saurez plus en mai, à la parution de “Casa del amor”… Encore une enquête passionnante !

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